Revue de presse

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SONDAGE EXCLUSIF - Mauvais été, mauvaise rentrée : la cote de confiance d'Emmanuel Macron repart fortement à la baisse

Les Échos · 03/09/2026 · ← revue

La dernière rentrée d'Emmanuel Macron ne se passe pas sous les meilleurs auspices. La cote de confiance du président de la République chute de 4 points pour tomber à 20 %, selon le baromètre Elabe pour « Les Echos ». Trois Français sur quatre déclarent « ne pas lui faire confiance », et ils sont même un sur deux à dire « ne pas lui faire confiance du tout ». En trois mois, sa cote de confiance affiche un recul de 6 points. « Cela n'a pas été un bon été pour Emmanuel Macron et ce n'est pas une bonne rentrée. Perdre 4 points quand on n'est pas en première ligne, c'est beaucoup. Il plonge en raison de la situation économique et notamment l'évolution de la dette », analyse Bernard Sananès, président d'Elabe.

Crise du pouvoir d'achat

La situation financière de la France et les mauvaises nouvelles que les Français attendent du prochain budget lui sont directement imputées. « Les Français font le lien entre dette, dégradation des finances publiques et crise du pouvoir d'achat et le rendent responsable. Plus le débat se porte sur la dette, plus son bilan est mis en cause », ajoute le sondeur. Dans les enquêtes d'opinion, les attentes des Français sont les plus fortes en matière de pouvoir d'achat tandis que les inquiétudes sont fortes sur la situation économique du pays. La campagne présidentielle, qui jette une lumière crue sur le bilan du chef de l'Etat - très critiqué par ses opposants, peu soutenu par ceux qui veulent lui succéder - accroît la défiance de l'opinion. Dans le classement des personnalités Elabe, Gabriel Attal et Edouard Philippe, deux candidats à la présidentielle passés par Matignon sous Emmanuel Macron, connaissent, eux aussi, une mauvaise rentrée. En dents de scie depuis la dissolution, la cote de confiance d'Emmanuel Macron évolue de façon erratique. Elle progresse pendant les crises internationales, comme au moment du déclenchement de la guerre menée par les Etats-Unis en Iran, mais replonge dès que le chef de l'Etat revient sur les dossiers nationaux ou quand la France renoue avec des turbulences politiques, ce qui a été le cas plusieurs fois depuis juin 2024 (chute des gouvernements Barnier et Bayrou). A 20 %, la cote de confiance d'Emmanuel Macron reste encore bien au-dessus de son plus bas (14 %) atteint il y a un peu moins d'un an, après la chute de François Bayrou et l'échec du premier gouvernement de Sébastien Lecornu. Longtemps, Emmanuel Macron a pu compter sur le socle très solide de ses électeurs, qui lui faisaient confiance même dans les temps difficiles. Ce n'est plus vraiment le cas. En septembre, sa confiance baisse de 9 points à 55 % chez son électorat de premier tour à la présidentielle de 2022. Là encore, il n'atteint pas son plus bas de l'année dernière, mais la tendance n'est pas bonne. La dissolution de juin 2024 reste dans les mémoires et apparaît comme le symbole de la fin prématurée de son second quinquennat. Il n'y a plus que les 18-24 ans (32 %) et, dans une moindre mesure, les 25-34 ans (25 %) chez qui Emmanuel Macron trouve une cote de confiance moins catastrophique.

Un peu mieux pour Lecornu

Le Premier ministre s'en tire un peu mieux que le chef de l'Etat. Sa cote de confiance ne baisse que de 1 point en septembre pour s'établir à 23 %. « Il est mis à son crédit son sérieux, sa volonté de rechercher des compromis et son style mesuré et sans esbroufe. Mais il paie aussi son lien avec Emmanuel Macron et le fait de ne pas pouvoir afficher des résultats ou des objets politiques. Sa seule mission est vue comme devant faire voter un budget », estime Bernard Sananès. Sébastien Lecornu affiche une meilleure confiance au sein de l'électorat d'Emmanuel Macron, à 62 % contre 55 %. Suivez tous les mois, l'évolution de la cote de confiance d'Emmanuel Macron et du Premier ministre ainsi que le classement de popularité des personnalités politiques.

Grégoire Poussielgue