Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

SONDAGE EXCLUSIF - Le match « perdant-perdant » de Gabriel Attal et Edouard Philippe dans l'opinion

Les Échos · 04/09/2026 · ← revue

C'est un match dans la course à l'Elysée qui ne plaît pas aux électeurs. En compétition pour représenter la droite et le centre à l'élection présidentielle, Gabriel Attal et Edouard Philippe reculent dans le dernier classement des personnalités politiques Elabe pour « Les Echos ». Pendant ce temps, Marine Le Pen et Jordan Bardella poursuivent leur progression en tête. Avec 26 % d'image positive auprès de l'ensemble des Français, Edouard Philippe atteint difficilement la quatrième place en septembre. Soit une chute de 4 points en un mois, et de 8 points en deux mois. Le maire du Havre (Seine-Maritime) devance de tout juste 1 point Gabriel Attal (25 %), qui enregistre aussi un net recul de 5 points (-7 en deux mois). VIDEO - Comment les candidats de la présidentielle financent-ils leurs campagnes ?

Des critiques en irresponsabilités

« C'est un duel perdant-perdant », observe Vincent Thibault, directeur conseil opinion de l'institut de sondage. Cette chute est encore plus marquée auprès de l'électorat d'Emmanuel Macron, où Edouard Philippe (58 % d'image positive) comme Gabriel Attal (57 %) reculent de 8 points ce mois-ci. « Ils sont perçus comme irresponsables par leur base électorale, alors que l'hypothèse d'un second tour avec Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon devient chaque jour plus crédible. C'est la sanction d'une rivalité qui est jugée complètement improductive, voire dangereuse », poursuit le sondeur. De leur côté, avec 37 % de bonne image chacun, Marine Le Pen (+3) et Jordan Bardella (+1) surplombent le classement. Les résultats du baromètre Elabe révèlent en outre qu'aucune des stratégies adoptées ces derniers mois par les deux anciens Premiers ministres n'a porté ses fruits. Cet été, Gabriel Attal a multiplié les déplacements sur tout le territoire et a beaucoup pris la parole dans les médias pour mettre en avant ses propositions. Plus discret, Edouard Philippe a lui misé sur des ralliements - dont ne bénéficie pas le secrétaire général de Renaissance - pour tenter d'afficher une dynamique. Comme à Tourcoing (Nord), dimanche, où il a mis en scène le soutien apporté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin à sa candidature.

Inquiétudes renforcées

« En termes d'image, les deux stratégies ont produit le même résultat : aucun bénéfice et même un recul », note Vincent Thibault. De quoi renforcer les inquiétudes de leur camp, où les appels à une primaire pour les départager et créer une dynamique se font de plus en plus pressants. Favori des sondages à ce stade, Edouard Philippe refuse de participer à une telle compétition, qu'il considère comme une machine à diviser. En position de challenger, Gabriel Attal, lui, ne l'exclut pas et fait feu de tout bois pour signifier qu'il est toujours dans la course. « Les jeux sont extrêmement ouverts », a-t-il déclaré, jeudi, lors d'une conférence de presse pour présenter sa nouvelle équipe de campagne, pointant « la marge d'erreur » des sondages. A en croire la dernière enquête Elabe, le candidat Renaissance reste cependant largement distancé par Edouard Philippe lorsqu'il est testé face à lui (14,5 % contre 6,5 % au premier tour). Suivez tous les mois l'évolution de la cote de confiance d'Emmanuel Macron et du Premier ministre ainsi que le classement de popularité des personnalités politiques.

Ulysse Legavre-Jérôme