SONDAGE EXCLUSIF - La cote de confiance d'Emmanuel Macron poursuit son décrochage

La chute continue. En octobre, la cote de confiance d'Emmanuel Macron baisse de 3 points pour s'établir à 17 %, selon le baromètre Elabe pour « Les Echos ». En deux mois, elle a perdu 7 points et elle se rapproche du plus bas historique, 14 %, touché l'année dernière au moment de l'échec du premier gouvernement de Sébastien Lecornu. Emmanuel Macron paie comptant les difficultés économiques du moment, principalement la hausse des prix du carburant et les inquiétudes des Français sur leur pouvoir d'achat. « Au travers de la hausse des prix de l'essence, il paie son bilan. Celui-ci est jugé avec des mots très durs par les Français, qui font une critique forte et parlent d'un bilan calamiteux ou catastrophique, ou d'un président qui n'a jamais trouvé des solutions à leurs problèmes », analyse Bernard Sananès, président d'Elabe. C'est aujourd'hui près de quatre Français sur cinq (79 %) qui déclarent ne pas faire confiance au chef de l'Etat, et plus d'un sur deux (53 %) qui estiment « ne pas lui faire confiance du tout ».
Macron décroche dans son électorat
La tendance était enclenchée, elle se confirme. Emmanuel Macron convainc de moins en moins au sein de son propre électorat de premier tour. Ceux qui l'avaient fidèlement soutenu contre vents et marées pendant son premier quinquennat décrochent inexorablement pendant le second. Ainsi, sa cote de confiance chez ceux qui ont voté pour lui au premier tour de la présidentielle de 2022 perd 12 points, passe sous la barre des 50 % et tombe à 43 %. Ils sont 20 % au sein de cet électorat à déclarer « ne pas faire confiance du tout » à celui pour qui ils ont voté lors de la dernière présidentielle. Parmi les catégories socioprofessionnelles, Emmanuel Macron décroche aussi chez les retraités, un électorat qui lui a longtemps été favorable, et tombe à 18 %. Une autre critique pointe contre Emmanuel Macron, notamment chez les abstentionnistes. Il lui est reproché d'avoir comme priorités l'Ukraine et l'international plutôt que les problèmes des Français. Mais depuis la dissolution ratée de juin 2024, le chef de l'Etat n'a eu d'autre choix que de prendre une certaine distance par rapport aux dossiers nationaux. A noter que l'interview qu'il a réalisée la semaine dernière sur TF1 et France2 pour évoquer les crises internationales et leurs conséquences sur la vie des Français a été très regardée, mais elle n'a eu aucun effet sur sa cote de confiance. « Le mécontentement sur la scène intérieure passe devant la neutralité politique que les gens pouvaient avoir sur son action à l'international », note le président d'Elabe.
La grosse chute de Lecornu
« Le bilan plombe Emmanuel Macron, le pouvoir d'achat plombe Sébastien Lecornu », constate le sondeur. Si la cote de confiance du Premier ministre est légèrement supérieure à celle du président de la République, elle suit la même tendance. En octobre, elle baisse de 4 points pour atteindre 19 %. Sur deux mois, le repli est de 5 points. « C'est sa chute la plus importante depuis qu'il est entré en fonction », constate Bernard Sananès. C'est aussi la première fois que la cote de confiance de Sébastien Lecornu passe sous la barre des 20 %. Premier ministre de fin de règne, le locataire de Matignon n'est jamais monté très haut dans l'opinion, affichant une cote de confiance de 26 % au maximum. Le Premier ministre le plus impopulaire d'Emmanuel Macron reste François Bayrou, dont la cote de confiance était tombée à 12 % juste avant son départ. Au-delà de l'impopularité du président et des critiques sur son bilan, Sébastien Lecornu paie les conséquences de mesures impopulaires, comme les aides accordées pour les gros rouleurs jugées insuffisantes, ou le projet de faire contribuer les retraités dans le budget. « Il est toujours critiqué du fait de n'avoir pas de résultats à mettre à son crédit, ni aucune réforme mise en oeuvre », constate Bernard Sananès. A l'heure où l'exécutif attaque une séquence budgétaire qui s'annonce périlleuse, autant Emmanuel Macron que Sébastien Lecornu ne peuvent espérer une forme de bienveillance de l'opinion. « L'exécutif est sous forte pression, atteint par les difficultés sociales. Il ne peut prétendre à un soutien ni de l'opinion ni de son socle », conclut le sondeur.