Primaire de la droite et du centre : la pression monte sur Edouard Philippe

La primaire de la droite et du centre rencontre de plus en plus d'adeptes. Bruno Retailleau, candidat Les Républicains (LR) à l'élection présidentielle, a lui aussi estimé qu'elle sera sans doute nécessaire pour départager les candidats de ce champ politique, alors qu'aucun ne réussit à émerger. « Il faudra une primaire sans doute en début d'année. J'imaginais que les sondages pouvaient nous départager. Ce n'est pas parti pour ça », a-t-il lâché mardi sur BFMTV. « Ou bien on est départagés par un vote démocratique, ou bien moi j'irai jusqu'au bout », a-t-il ajouté.
Des appels de plus en plus pressants
Après Gabriel Attal, qui a mis le sujet sur la table il y a une semaine, le candidat des LR vient ajouter sa voix pour cette solution, alors que les divisions sont plus fortes que jamais. L'appel à une grande primaire n'est pas nouveau et il a été porté par plusieurs personnalités, comme Valérie Pécresse ou Michel Barnier. Mais il se fait chaque jour plus pressant alors que le premier tour de la présidentielle a lieu dans moins de six mois. De plus en plus, certains craignent qu'il ne soit même trop tard. « On a pour l'instant des candidats qui passent la moitié de leur temps à dire ce qu'ils pensent de la primaire », regrette une élue de droite. Et pendant ce temps-là, Jean-Luc Mélenchon, qui organisera ce week-end un grand meeting au Bourget autour de son programme, et Marine Le Pen, qui en a fait de même fin octobre à Orléans, déroulent leur campagne. Publié mardi soir, un sondage Ifop pour LCI a jeté un froid supplémentaire : si les quatre principaux concernés - Gabriel Attal, Edouard Philippe, Bruno Retailleau et David Lisnard - sont candidats, aucun ne dépasse la barre des 10 %. Aujourd'hui, aucun candidat ne plie le match face au rouleau compresseur Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon.
Philippe dit toujours non
Chez Edouard Philippe, on rejette toujours avec force toute idée de primaire, comme l'avait fait le candidat dimanche dernier au « 20 Heures » de TF1. « Elle sert uniquement à relancer ceux qui sont en perte de vitesse dans les sondages. Il n'y aura pas de primaire, ou alors ce sera sans Edouard Philippe », assure un proche du candidat Horizons en pensant à Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Réuni en début de semaine, le comité de campagne d'Edouard Philippe s'est prononcé unanimement contre la primaire. « Pas une voix n'a manqué », assure un présent. Il n'empêche, en glissade continue dans les sondages, le maire du Havre est loin d'être en position de force. « On peut s'imposer quand on est à 20 % dans les sondages, pas quand on est à 15 % et qu'on baisse », assure un élu. Si Edouard Philippe ne redresse pas la barre, la pression sera de plus en plus forte sur lui pour accepter ce mode de départage. Un scénario que son camp veut exclure. « La primaire, ça veut aussi dire le retour de Jean Castex ou de Sébastien Lecornu », estime un de ses proches. Si une telle primaire est organisée, les candidats ne manqueront pas.
Larcher s'active
David Lisnard, maire de Cannes et candidat, est aussi sur les rangs. S'il confirme qu'il ne soutiendra ni Gabriel Attal ni Edouard Philippe si l'un des deux gagne, il estime que ce mode de sélection a une principale vertu : éviter la dispersion. « Je ne soutiendrai pas Edouard Philippe s'il gagne la primaire mais je respecterai s'il la gagnait. C'est plutôt du bon sens sinon on va s'affronter au premier tour », a-t-il déclaré sur BFMTV. Mais la position ambiguë du candidat Nouvelle Energie, qui connaît une embellie sondagière, par rapport au Rassemblement national (RN) n'en finit pas de semer le trouble. Selon « L'Opinion », Gérard Larcher, tout juste réélu à la présidence du Sénat, s'active aussi dans la préparation d'une primaire, faute de voir un candidat s'imposer. « C'est au début de l'année que ça se décidera. En janvier. Le plus tôt sera le mieux », a déclaré au quotidien celui qui espère un « sursaut ».