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Présidentielle 2027 : primaire, retraites, accord de 1968 avec l’Algérie... À Sens, François Hollande teste ses chances face à Édouard Philippe

Le Figaro · 29/08/2026 · ← revue

Présidentielle 2027 : primaire, retraites, accord de 1968 avec l’Algérie... À Sens, François Hollande teste ses chances face à Édouard Philippe REPORTAGE - Les deux personnalités politiques se sont livrées à un débat ce samedi après-midi aux universités d’été de l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer. Le candidat Horizons domine pour le moment au sein de la droite et le centre, quand le socialiste attend son heure.

Au milieu de la rentrée des nationalistes et des socialistes, un autre rendez-vous, plus discret, s’est tenu à Sens (Yonne) ce samedi 29 août. Pour la troisième fois, l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a réuni experts et personnalités politiques avec son think tank, Le Laboratoire de la République. Parmi les nombreuses tables rondes, s’est invité un débat pré-présidentiel entre le candidat Édouard Philippe (Horizons) et l’ex-chef d’État, François Hollande, pas encore officiellement en course. «Nous avons déjà discuté, moi je m’en souviens», lance d’emblée l’ancien premier ministre devant les presque 800 personnes installées dans la salle des fêtes de la ville. Mais c’est bien la première fois que les deux hommes vont débattre en public. D’abord sur les enjeux économiques, sur lesquels les Français attendent en premier lieu les candidats, d’après l’enquête du think tank du ministre Blanquer. Face à la situation actuelle, Édouard Philippe dit «redouter» deux scénarios : celui d’un «lent étranglement» ou d’un «choc brutal», comme la situation passée en Grèce. Si François Hollande reprend à son compte son premier scénario, il va encore plus loin encore : «Je pense que ça ira plus vite». «On n’échappera pas à une augmentation des prélèvements», prédit le socialiste, qui défend aussi «un minimum d’indexation» sur les retraites. » LIRE AUSSI - Présidentielle 2027 : pouvoir d’achat, retraites, dette… L’économie s’impose au cœur de la campagne

L’accord de 1968 avec l’Algérie en question

En déplacement la semaine dernière à Mayotte, Édouard Philippe a appelé à «fermer les vannes de l’immigration» et décrit aujourd’hui «une situation glaçante». Le maire du Havre plaide pour «continuer à délivrer des titres de séjour» et refuse un «moratoire sur l’immigration légale» pendant trois ans, comme proposé par le dernier soutien qu’il a enregistré, Gérald Darmanin. Il a aussi estimé qu’il y avait «beaucoup trop» de clandestins et qu’il était nécessaire «d’engager un rapport de force beaucoup plus net avec les pays qui ne jouent pas le jeu», comme avec l’Algérie. Sur ce point, son adversaire s’est montré - sans surprise - plus prudent, appelant à «négocier» avec le pays nord-africain. Mais il a esquissé une éventuelle «révision» de l’accord de 1968, qui offre des conditions favorables aux Algériens sur le sol français. Un accord qu’Édouard Philippe s’est déjà engagé à dénoncer. Si lui n’est pas officiellement candidat, François Hollande ne fait plus mine de ses ambitions présidentielles depuis de nombreux mois. Dans une énième une cette semaine, il appelle à «une union sacrée» dans Le Point. Unir en excluant les extrêmes, que sont les Insoumis et les nationalistes, symptômes selon lui de «divisions».

Une même stratégie de refus d’une primaire

Un constat «partagé» par son rival, assis à sa gauche, mais qui lui rétorque : «Cette rupture à laquelle vous nous invitez, vous ne l’avez pas pratiquée». Le député de Corrèze s’est en effet fait élire en 2024 sous les couleurs du Nouveau front populaire, avec la participation du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. «Vous avez aussi fait en sorte de faire barrage», lui a renvoyé François Hollande. Édouard Philippe avait appelé à voter pour un candidat communiste face au Rassemblement national lors des élections législatives anticipées. Vendredi, François Hollande a rendu visite à ses homologues socialistes à Blois (Loir-et-Cher), où la primaire prévue en octobre était dans tous les esprits. Lui n’a aucunement l’intention de s’y soumettre. «Elle divise plus qu’elle ne rassemble», selon le septuagénaire. Se posant comme un recours, il souligne avoir «déjà accompli [son] destin». Et prédit un «moment de vérité» en décembre ou janvier. Face à Édouard Philippe, qui défend lui aussi un rassemblement mais de l’autre côté de l’échiquier politique, il lui «déconseille» la primaire. C’est prêcher un convaincu. Constatant des «convergences» entre la droite et le centre, comme Valérie Pécresse (Les Républicains) cette semaine, le candidat Horizons préfère s’en remettre au départage sondagier. Les deux hommes ont au moins en commun d’entretenir la même stratégie face à leurs rivaux.