Présidentielle 2027 : Edouard Philippe défend une vision de l'écologie compatible avec le capitalisme

Deux mois après avoir reconnu qu'il n'était « pas né écologiste » mais qu'il pouvait « le devenir », Edouard Philippe passe aux travaux pratiques. Le maire du Havre (Seine-Maritime) a présenté ce jeudi son plan pour l'adaptation au changement climatique. « C'est pour lui l'un des trois grands chantiers du siècle, avec l'intelligence artificielle et la démographie », assure l'entourage du candidat Horizons, qui avait fait jusque-là un début de campagne sur des marqueurs de droite. Aux Ponts-de-Cé, près d'Angers (Maine-et-Loire), Edouard Philippe a défendu une vision de l'écologie compatible avec le capitalisme. « Se priver de la puissance de l'économie de marché pour adapter le pays, c'est se condamner à la décroissance continue, triste et désespérante », a déclaré l'ex-Premier ministre après avoir visité le Salon du végétal et un verger de pommiers, où il n'a pas manqué d'imiter le célèbre slogan détourné de Jacques Chirac : « Mangez des pommes ! »
Un fonds de deux milliards d'euros par an
Face au « Rassemblement climatosceptique » de Marine Le Pen et à « La France insoumise au réel » de Jean-Luc Mélenchon, Edouard Philippe a affirmé que « nous aurons besoin de capitaux, d'investissements, de technologie, d'entrepreneurs » pour adapter le pays. « Si le seul moyen d'être écolo, c'est d'être anticapitaliste, alors on n'aime pas la planète », soutient en aparté son directeur de campagne et ex-ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. Pour doter la France d'une « véritable politique de sécurité climatique », l'ancien Premier ministre souhaite notamment fusionner le Fonds Barnier avec le Fonds vert pour créer « un fonds unique d'adaptation au changement climatique ». Une sorte « de bras armé financier » doté de deux milliards d'euros par an, a-t-il précisé debout à son pupitre, placé sur les bords de la Loire, dont le niveau est historiquement bas après les chaleurs record de cet été. « Deux milliards, c'est une somme importante. Mais rapportée aux cinq milliards d'euros que coûtent chaque année les catastrophes naturelles, c'est de l'argent bien investi », a insisté Edouard Philippe. Alors que « certaines zones deviennent inassurables », le candidat à l'Elysée a aussi appelé à « revoir notre système d'assurance du risque climatique pour mieux protéger les Français ».
Des Canadair français
Pour « rafraîchir les villes » lors des canicules, Edouard Philippe mise sur la création de « réseaux de froid qui, en plus d'être plus efficaces que la climatisation, évitent d'ajouter de la chaleur en ville ». « Ça coûte beaucoup moins cher de faire un réseau de froid à Paris que d'équiper tous les immeubles haussmanniens avec de la clim », ajoute un conseiller à titre d'exemple, sans préciser les montants que son candidat souhaite investir en la matière. Après les mégafeux de cet été, Edouard Philippe souhaite par ailleurs renforcer les moyens des pompiers, notamment en produisant des « Canadair français » lors du prochain quinquennat. Favorable à un service militaire volontaire afin de former 50.000 jeunes hommes et femmes aux menaces géopolitiques, le maire du Havre veut permettre à une partie d'entre eux de « participer à des missions de préservation et de sécurisation de notre environnement ». L'ancien Premier ministre, qui présentera dans un second temps son programme sur « l'atténuation du changement climatique », a aussi réitéré ce jeudi sa position sur la question controversée du stockage de l'eau. « J'aimerais que nous sortions du piège idéologique qui consiste à considérer qu'un agriculteur qui stocke l'eau en hiver pour irriguer en été s'approprie une ressource qui ne lui appartient pas », a-t-il déclaré, précisant que « les règles environnementales doivent être respectées, mais qu'elles ne doivent pas empêcher l'adaptation ». S'il est élu en 2027, Edouard Philippe lancera en outre « trois grands chantiers » : un plan baignade, un plan d'adaptation des infrastructures et un plan montagne. « Lorsque les chaleurs seront très intenses », il donnera également la possibilité aux préfets et aux élus locaux d'adapter « certains rythmes de vie » à l'école, au travail et dans les services publics. Mais « ça ne veut pas dire que tous les Français vivront à l'heure espagnole, même si c'est agréable ».