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Pour Emmanuel Macron, un dernier 14-Juillet aux allures ...

Les Échos · 14/07/2026 · ← revue

Vingt-cinq chefs d'Etat et de gouvernement, dont le président ukrainien Volodymyr Zelensky, un record « historique » selon l'Elysée de défilants sur les Champs-Elysées avec 6.800 soldats dont de nombreux Européens et des Ukrainiens, 30 % de plus de véhicules et d'aéronefs pour un défilé version XXL sur le thème du « réveil stratégique européen »… Pour son dernier 14-Juillet en tant que président de la République, Emmanuel Macron a voulu marquer les esprits avec une démonstration de force, destinée notamment à montrer l'unité de l'Europe face à la Russie, devant 50.000 spectateurs en pleine canicule. Le chef de l'Etat avait profité de la Fête nationale pour, la veille, réunir une nouvelle fois la coalition des volontaires, l'alliance des pays soutenant l'Ukraine qui réunit aujourd'hui 37 nations. Ces pays veulent soutenir l'Ukraine « plus vite et plus fort » comme l'a résumé Emmanuel Macron, au moment où la Russie subit de plus en plus de revers sur le terrain. Mais l'Ukraine en paie le prix fort, puisque, selon l'ONU, juin 2026 a été le mois le plus meurtrier pour les civils en Ukraine depuis avril 2022, avec près de 300 morts.

Bilan en termes de défense

A moins d'un an de son départ de l'Elysée, alors que son bilan est plus critiqué que jamais par les candidats à sa succession, la Fête nationale a aussi été l'occasion pour Emmanuel Macron de mettre en avant ce qui a été fait pour les forces armées depuis neuf ans. Dans ce domaine, la promesse initiale a été tenue, a-t-il martelé. Au moment où l'Europe se réarme, penser qu'accumuler chacun séparément des capacités est le sens de l'histoire, c'est une absurdité.

Emmanuel Macron

« Avant même que le Sahel ne sombre dans le chaos, avant même que le Proche et Moyen-Orient ne s'enflamment, avant même que la guerre n'arrive sur le sol européen, nous avions amorcé notre réarmement. Avant même le lancement de cette guerre insensée que mène la Russie contre la nation et la terre d'Ukraine, avant toutes les turbulences que nous traversons aujourd'hui, nous prônions l'autonomie stratégique de la France et de l'Europe », a-t-il rappelé la veille depuis le ministère des Armées à l'hôtel de Brienne, où il a effectué sa traditionnelle allocution. L'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, qui sera promulguée cet été promet l'Elysée, permettra de porter les dépenses militaires à 64 milliards d'euros l'année prochaine pour un total de 436 milliards sur la période concernée. « 64 milliards d'euros en 2027, c'est, en dix ans, un doublement du budget des Armées. Nous l'avons chaque année tenu à l'euro près et ce sera fait. Oui, l'engagement a été tenu, les faits sont là et l'histoire jugera », a ajouté Emmanuel Macron.

Un contexte international plus incertain que jamais

Dans un an, ce sera un nouveau chef de l'Etat qui présidera les cérémonies du 14-Juillet. Ce sera également à lui de déterminer la nouvelle trajectoire des dépenses militaires, dans un contexte international plus incertain que jamais. Entre la confrontation entre Iran et Etats-Unis qui repart après un bref cessez-le-feu, ses conséquences dans tout le Moyen-Orient et l'interminable guerre en Ukraine, le monde a basculé dans une période remplie d'incertitudes. A Brienne, Emmanuel Macron n'a pas pu s'empêcher de délivrer quelques messages. « Partout où on flatte les nationalismes, en France ou ailleurs, on se trompe sur l'histoire qui est la nôtre. Le patriotisme, oui, le nationalisme, jamais. Et au moment où l'Europe se réarme, penser qu'accumuler chacun séparément des capacités est le sens de l'histoire, c'est une absurdité », a-t-il dit. Des propos qui résonnent alors que Marine Le Pen, à nouveau condamnée la semaine dernière mais désormais éligible pour la prochaine la présidentielle, fait figure de grande favorite. Comme à son habitude à quelques rares exceptions près, Emmanuel Macron n'a pas accordé d'interview télévisée pour le 14-Juillet. Il juge l'exercice dépassé. Depuis le mois de mai, le président de la République a entamé sa tournée des dernières fois. Dernier G7, dernier 14-Juillet, avant un hiver qui sera dominé par la campagne présidentielle… Le compte à rebours a commencé pour un président qui, il n'a de cesse de le dire, souhaite présider jusqu'au dernier moment. Mais depuis la dissolution, ses marges de manoeuvre en politique interne sont considérablement amoindries. Ce 14 Juillet, une autre cérémonie attendait Emmanuel Macron, celle des 10 ans de l'attentat de Nice sur la Promenade des Anglais, qui avait fait 86 morts et 450 blessés. Marine Le Pen s'y était rendue un peu plus tôt dans la journée pour une première cérémonie.

Grégoire Poussielgue