Revue de presse

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Michaël Delafosse : "Ces manifestations sont une forme de réquisitoire populaire contre Emmanuel Macron"

actu.fr · 26/10/2026 · ← revue

« Il est temps que le gouvernement apporte des réponses politiques à une crise sociale d’ampleur inédite. Je le dis avec force, cela doit être la priorité« . Ce dimanche 25 octobre, au lendemain d’une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère, le maire et président de la métropole de Montpellier Michaël Delafosse n’a pas mâché ses mots à l’égard du président de la République et du gouvernement. Appelant à une manifestation d’ampleur le 5 novembre à l’appel des syndicats, le socialiste réclame des réponses à cette crise.

« Que l’on ne vienne pas nous faire la farce du grand débat »

« Ces manifestations sont une forme de réquisitoire populaire contre le chef d’État qui pense que seul il peut régler les problèmes. Le dérèglement démocratique qu’a porté Emmanuel Macron, nous le payons cher aujourd’hui« . Au lendemain d’une nouvelle journée de mobilisation sociale, le constat de Michaël Delafosse est sans appel à l’encontre du président de la République. « Nous en sommes aussi là parce que ce pouvoir ne sait plus ce que c’est que les organisations syndicales. Les corps intermédiaires qui jouent un rôle sont complètement méprisés et je ne vous parle pas des élus locaux. Que l’on ne vienne pas nous faire la farce du grand débat qui a été une pantalonnade. Ce pouvoir se recentralise très durement » poursuit le maire de Montpellier. L’édile n’avait déjà pas manqué de dénoncer cette fracture entre Paris et les élus locaux. « Les maires ne peuvent pas tout faire. On fait déjà beaucoup mais ce gouvernement doit apporter des réponses. Je me souviens de cette phrase qui disait soyez fiers d’être des amateurs (ndlr : prononcée par Emmanuel Marcon en février 2020 à l’adresse des députés LREM). Il est temps d’être un peu sérieux » lance-t-il.

« La seule réponse ne peut pas être l’indifférence et le mépris »

Michaël Delafosse soutient par ailleurs la manifestation prévue le 5 novembre à l’appel des syndicats. « On sera à disposition pour que le rassemblement se déroule le mieux possible. Manifester est un droit. Et je souhaite qu’il y ait beaucoup de monde et que les manifestations se déroulent dans le calme et le respect des biens et des personnes. Chacun doit pouvoir manifester sereinement, qu’aucun commerce ne soit saccagé et que personne ne soit intimidé parce qu’il manifeste » indique l’édile. Ce dernier rappelle son soutien aux revendications des lycéens. « Les jeunes demandent à être mieux formés, à ce que les professeurs soient remplacés, que les lycées soient rénovés, de trouver une alternance pour poursuivre leurs études, de supprimer ParcourSup… Le gouvernement doit donc arrêter de massacrer les régions et les collectivités locales pour qu’elles aient les moyens de répondre » préconise-t-il et d’ajouter : « Les personnes qui manifestent contre la vie chère demandent un effort sur les salaires or il est très facile de prendre un décret pour augmenter le SMIC et d’ouvrir des négociations salariales. Le déclassement des classes moyennes n’est pas qu’un sentiment. Ce combat contre la vie digne doit être entendu« . C’est pourquoi Michaël Delafosse alerte le président de la République et le gouvernement : « La seule réponse ne peut pas être l’indifférence et le mépris« . Démission d’Emmanuel Macron ? Une des solutions évoquées par beaucoup est la démission d’Emmanuel Macron et le recours à des élections anticipées. Une hypothèse que ne partage pas Michaël Delafosse. « C’est sûr qu’Emmanuel Macron est aujourd’hui un président extrêmement faible. Il n’a plus de majorité au Parlement et paye très cher son caprice de la dissolution qui a profondément déstabilisé les institutions. Et on paye aussi très cher sa négation du clivage gauche/droite et des corps intermédiaires » juge-t-il. Pour autant, le socialiste, soutien de Raphaël Glucksmann, estime que « la campagne présidentielle doit se tenir et que le débat démocratique doit avoir lieu pour que chacun ait bien le choix. Un élection anticipée confisquerait le droit aux Françaises et aux Français de ce débat qui doit être de grande qualité et dont je souhaite autre chose que l’issue que prédise les sondages. Il faut donc que l’on puisse se parler et faire nos choix par le vote« . Non sans cacher son inquiétude quant au climat dans le pays, Michaël Delafosse lâche avec une pointe de dépit : « Ces six prochains mois vont être longs« . Et l’on en connait pas encore le dénouement… Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.