Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Macron-Le Pen : la bataille du carburant

Les Échos · 20/09/2026 · ← revue

Par Cécile Cornudet

Samedi soir, petite victoire politique pour Emmanuel Macron. Marine Le Pen, qui refusait d'entrer dans son récit de la menace, se sent finalement obligée de le faire. Elle cosigne un communiqué avec Jordan Bardella pour dénoncer les « actions hybrides russes ». La veille, les deux têtes du RN s'étaient refusées à considérer autre chose que la nécessité de baisser la TVA sur les carburants. Le président fait de la « diversion » lorsqu'il rappelle le poids de la géopolitique, considéraient-ils. De là à paraître minimiser la menace, il n'y a qu'un pas, qu'ils ont vite corrigé. Ne jamais oublier qu'Eric Zemmour avait décroché en 2022 après s'être opposé à l'accueil des réfugiés ukrainiens. Les électeurs ont beau « préférer des milliards pour baisser leur plein d'essence que pour aider militairement l'Ukraine », soutient le RN Philippe Olivier, Vladimir Poutine continue de faire peur. Le point pour Emmanuel Macron. Pour autant, la partie la plus dure commence. L'envolée des prix du carburant (2,41 euros le litre de gazole), les risques nouveaux de pénurie (diesel notamment), couplés à la « démagogie ambiante », font renaître le spectre d'une crise sociale. Le traumatisme des « gilets jaunes » reste vivace. Le chef de l'Etat veut tenter de le conjurer. Objectif : convaincre l'opinion.

Interview jeudi

L'origine du problème n'est pas liée à une décision gouvernementale mais à un phénomène international, a-t-il expliqué aux partis politiques vendredi, d'autant qu'il ne croit pas à une résolution rapide du conflit avec l'Iran. L'action doit donc d'abord se mener sur le plan géopolitique : deals locaux avec l'Arabie saoudite et Oman, concertation avec les pays raffineurs comme la Chine et l'Inde, convocation possible d'un G7 énergie pour à nouveau débloquer des stocks stratégiques. Des gestes peuvent aussi être encore faits au niveau national. Emmanuel Macron a demandé à Sébastien Lecornu de réfléchir, ce lundi, à de nouvelles aides pour les gros rouleurs, malgré le contexte budgétaire plus que serré et l'absence de confiance manifeste des investisseurs. Ces deux fronts posés, il s'exprimera dans une interview télévisée jeudi prochain pour appeler les partis en campagne à la raison, les Français à la compréhension, et développer cette explication : il n'y a pas situation plus contrainte que la nôtre et on fait le maximum. Cela peut-il s'entendre ?

Cécile Cornudet