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Le Pen à l'Élysée «entraînerait tout aussi vite le pays à la ...

Le Figaro · 07/07/2026 · ← revue

Le Pen à l’Élysée «entraînerait tout aussi vite le pays à la ruine» que Mélenchon, tacle Philippe Invité mardi sur France 2, le président d’Horizons étrille l’absence de «ligne claire» dans le programme économique du RN et se présente comme l’alternative raisonnable au duel des extrêmes.

À moins d’un an de la présidentielle, Édouard Philippe affine sa stratégie. Face à Léa Salamé sur France 2, ce mardi soir, l’ancien premier ministre et candidat à l’Élysée du parti centriste Horizons a décidé d’attaquer le Rassemblement national, en tête des sondages, sur le terrain économique. Le candidat centriste n’a en effet pas mâché ses mots contre Marine Le Pen, dont l’inéligibilité, rappelons-le, n’a finalement pas été confirmée en appel quelques heures plus tôt. «Ce que propose Mme Le Pen, c’est un retour en arrière sur la question de la réforme des retraites avec une retraite à 60 ans», a-t-il fustigé, pointant une promesse qu’il juge intenable dans le contexte budgétaire actuel. Mais c’est sur l’incohérence entre les deux figures du RN que le candidat centriste a choisi de frapper le plus fort. Relancé par Léa Salamé, qui lui a fait remarquer que Jordan Bardella, potentiel futur premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen en 2027, ne défend pas la même ligne sur l’âge de départ à la retraite, Édouard Philippe n’a pas manqué de souligner la contradiction. «Voyez-vous, ce sera intéressant de les entendre s’exprimer et de fixer enfin une ligne qui est tout sauf claire en la matière», a-t-il glissé, sarcastique.

Éviter le «cauchemar» du second tour

L’attaque ne s’arrête pas aux retraites. Mme Le Pen et M. Bardella, a-t-il égrené d’un ton mordant, «ne pensent pas la même chose sur les retraites, pas la même chose sur l’économie, pas la même chose sur les impôts». Et alors que Jordan Bardella affiche l’ambition de rallier à lui les électeurs de «droite sincère» - au point que Léa Salamé s’est demandé si Édouard Philippe ne craignait pas de voir son propre électorat séduit par l’offensive politique du jeune loup nationaliste - Édouard Philippe a renvoyé la balle aux Français, en assénant : «Pour l’instant, je ne la connais pas, cette ligne.» Mais au-delà de l’incohérence perçue du programme du RN, c’est un autre message, plus stratégique encore, qu’Édouard Philippe a martelé ce soir. «Je veux proposer aux Français d’éviter de vivre le cauchemar que constituerait, au second tour, un choix entre M. Mélenchon et la faillite collective dans laquelle il nous entraîne, et Mme Le Pen qui propose un retour en arrière sur tous les éléments économiques». Ces derniers, insiste Édouard Philippe sans aucune complaisance, «entraîneraient à mon avis le pays tout aussi vite dans une forme de ruine» que les «délires ethnico-communautaristes» de Jean-Luc Mélenchon. Une conclusion en forme d’appel du pied à l’électorat modéré : «Je pense qu’un très grand nombre de Français veulent éviter ce face-à-face cauchemardesque. Et je les appelle à faire le bon choix.»