Revue de presse

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la difficile mise en avant du bilan d'Emmanuel Macron

Les Échos · 13/07/2026 · ← revue

L'heure des comptes a sonné. A moins d'un an de l'élection présidentielle de 2027, alors que les candidats issus du bloc central - Edouard Philippe et Gabriel Attal - prennent leurs distances avec celui qu'ils ont servi, et que les critiques venant des autres camps contre le bilan d'Emmanuel Macron sont plus fortes que jamais, certains entendent mettre en avant les avancées des deux quinquennats du président sortant. L'exercice est plus que difficile, les réformes accomplies étant largement contrebalancées par de gros points noirs, comme les 3.500 milliards de dette publique, une situation difficile dans les hôpitaux, la hausse de l'insécurité, la remontée du chômage ou encore l'inefficacité de l'Etat dans de nombreux domaines.

Livret publié

« La campagne présidentielle démarre, et avec elle le débat d'idées - mais aussi les caricatures. 'Dix ans de chaos', 'rien n'a été fait ' : ce refrain, entonné par les extrêmes, ne résiste pas à l'épreuve des faits », explique l'association Trait d'union, qui regroupe d'anciens collaborateurs d'Emmanuel Macron et des ministres de ses gouvernements successifs. L'association a mis en ligne un livret listant 50 mesures prises pendant le double quinquennat. De la suppression de la taxe d'habitation à la mise en place du congé de naissance, du doublement du budget des armées à l'inscription de l'IVG dans la Constitution en passant par une politique volontariste en matière de réindustrialisation, le bilan se veut exhaustif. C'est la loi du genre, le document passe sous silence les mesures qui n'ont pas été mises en place - comme la construction de 10.000 places de prison - ou les ratés des deux quinquennats, marqués par de nombreuses crises. Emmanuel Macron termine son bail à l'Elysée en voyant des Français de plus en plus inquiets, mais il n'en porte pas seul la responsabilité. « On voit la campagne démarrer et commencer sur les chapeaux de roues pour ce qui concerne la caricature de ce qui a été fait, notamment de la part du RN et de LFI. Si on écoute les oppositions, on a tout fait mal. Il est donc urgent de remettre de la rationalité et de la vérité », explique Sacha Halphen, président de l'association et membre du cabinet de Stéphane Séjourné à la Commission européenne. Créée en 2021, l'association compte 2.500 membres. Le livret a pour ambition de « remettre du concret », explique Sacha Halphen.

Echec de la réforme institutionnelle

Bien sûr, chez les macronistes historiques, les regrets sont nombreux, tant Emmanuel Macron portait une promesse de « transformation » en 2017 dans un contexte de grande fatigue démocratique. Presque dix ans après, la fatigue est plus que jamais là et les extrêmes n'ont jamais été aussi hauts dans les sondages avant le grand rendez-vous de 2027. « Le regret des quinquennats, c'est sans doute de ne pas avoir pu aller au bout de la réforme institutionnelle promise. Cet échec est dû en grande partie aux oppositions », poursuit le président de Trait d'Union. Quant à l'envolée de la dette publique, elle est mise sur le compte des crises - Covid-19, invasion de l'Ukraine - et cela, plaident les soutiens du chef de l'Etat, a servi à protéger les Français. L'argument tient, la faiblesse de la politique menée par Emmanuel Macron ayant été de ne pas avoir coupé assez tôt le robinet de l'argent public. Côté positif, l'association met en avant la « volonté d'indépendance » portée par Emmanuel Macron, avec les plans France Relance ou France 2030, sans oublier les armées. « Le président s'est battu pour rendre la France plus souveraine et a insufflé cette idée en Europe », estime Sacha Halphen. Le problème de ce genre de livret est d'arriver jusqu'aux oreilles des électeurs. Pas certain qu'il y parvienne tant le macronisme est aujourd'hui rejeté par les Français. Ses auteurs ont préféré le mettre très tôt dans la campagne, avant la rentrée et avant la publication des programmes des uns et des autres.

Grégoire Poussielgue