« J’ai perdu espoir de retrouver ma fille en vie » : l’appel de la mère de Manon Relandeau à Emmanuel Macron pour faire avancer la coopération avec l’Algérie

« J’ai perdu espoir de retrouver ma fille en vie » : l’appel de la mère de Manon Relandeau à Emmanuel Macron pour faire avancer la coopération avec l’Algérie EXCLUSIF - Plus de quatre mois après la disparition de l’éleveuse de Loire-Atlantique, son mari, principal suspect, est détenu en Algérie, sans que les enquêteurs français puissent l’interroger.
Un cri du cœur doublé d’un appel solennel. Plus de quatre mois après la disparition de Manon Relandeau, sa mère, Nathalie Rousseau, prend la parole dans l’espoir de faire sauter les obstacles qui entravent le travail de la justice. Aperçue pour la dernière fois le 27 mars, à son domicile de Saint-Étienne-de-Montluc, près de Nantes, l’éleveuse de 31 ans est au cœur d’une enquête ouverte le 7 avril pour meurtre et enlèvement d’enfant. Le suspect principal et époux de l’agricultrice, Karim Boukhari, a été interpellé fin avril en Algérie, où il avait pris la fuite avec Inaya, la fille du couple, alors âgée de 15 mois. Aujourd’hui, les enquêteurs français n’ont toujours pas accès à cet individu clé du dossier, le plus à même de détenir la vérité sur ce qu’il est advenu de Manon Relandeau. Une incertitude qui broie sa famille. «Je supplie monsieur le président de la République de m’aider à faire avancer le dossier relatif à la disparition de ma fille Manon auprès des autorités algériennes», fait savoir Nathalie Rousseau, dans un message auquel se joint également le père de la disparue. «Je ne supporte plus de ne rien savoir. C’est une souffrance quotidienne, précise la mère de l’éleveuse. Karim Boukhari a été mis en détention provisoire depuis plus de 3 mois, après la diffusion d’un mandat d’arrêt international. Depuis, aucune nouvelle, aucune information de la police algérienne. Le seul espoir qu’il me reste à ce jour, c’est que Karim Boukhari parle. C’est lui qui a la vérité, mais encore faut-il qu’il soit interrogé. Il est peut-être interrogé, mais rien n’est transmis».
«J’ai perdu espoir de retrouver ma fille en vie»
«Face à cette situation dramatique, je sollicite respectueusement l’aide de l’État, afin que tous les moyens diplomatiques et de coopération soient mobilisés pour permettre à la justice française d’obtenir les informations nécessaires», indique Nathalie Rousseau. «J’ai perdu espoir de retrouver ma fille en vie», ajoute-t-elle, tout en supposant qu’il reste encore d’infimes possibilités qu’elle se trouve «séquestrée quelque part, peut-être même en Algérie». Enfin, Nathalie Rousseau redoute de voir, un jour peut-être, l’époux de Manon Relandeau retrouver la liberté et la garde de la petite Inaya. Depuis l’arrestation de son père, l’enfant a été confiée à ses grands-parents algériens. L’affaire relève du droit commun. Nous ne sommes pas du tout sur un sujet qui a des ressorts politiques
Me Loïc Cabioch, avocat de Nathalie Rousseau
«Je suis tout aussi inquiet que ma cliente de ne pas savoir ce qu’il se passe», abonde Me Loïc Cabioch, l’avocat de Nathalie Rousseau. «En l’état, nous n’avons que très peu, voire pas du tout d’informations sur la procédure dont monsieur Boukhari fait l’objet en Algérie. Sous quel chef exactement il a été incarcéré ? Est-ce qu’il a un statut de mise en examen, d’inculpé ou l’équivalent en droit algérien ? Quel est son statut en termes de détention provisoire ? Pour combien de temps il est détenu ? À quel moment sa détention sera revue, réexaminée, et avec quel risque qu’il soit remis en liberté ?», énumère le juriste, qui indique que la justice française demeure, à ce titre, tributaire de la bonne volonté de tous les niveaux hiérarchiques de la justice locale. » LIRE AUSSI - Nantes, Saint-Nazaire… Les grandes villes de Loire-Atlantique désormais sous la menace des incendies Pour autant, Me Loic Cabioch souligne que le caractère non sensible du dossier pourrait favoriser un échange entre les autorités françaises et algériennes. «L’affaire relève du droit commun. Nous ne sommes pas du tout sur un sujet qui a des ressorts politiques», rappelle l’avocat. À l’initiative de la présidente de la région des Pays de la Loire, Christelle Morançais, un courrier a été transmis le 8 juillet aux ministres de la Justice et de l’Intérieur afin de solliciter leur intervention et mobiliser «tous les moyens de coopération administrative, policière et diplomatique» auprès de leurs homologues algériens. Le cabinet du président de la République a également été sollicité en ce milieu d’été. Aucune des battues, des recherches aériennes ni des investigations scientifiques et techniques réalisées à Saint-Étienne-de-Montluc et dans les communes voisines n’a permis, à ce jour, de retrouver la trace de Manon Relandeau. En attendant la suite de l’enquête, la famille de la disparue a lancé une cagnotte en ligne, ce 1er août, pour préserver et faciliter la gestion de la ferme dont l’éleveuse était propriétaire.