Hausse du chômage : quand Sébastien Lecornu défend l’indéfendable

En refusant toute remise en cause du bilan Macron, le premier ministre attribue l’augmentation à des facteurs techniques. Une ligne de défense qui peine à masquer l’échec de la promesse du plein-emploi avancée par Emmanuel Macron. Ce sera assurément l’un des sujets de la présidentielle. D’autant que les données publiées le 7 août par l’Insee sont alarmantes : le chômage atteint 8,3 %, soit 0,2 point de plus qu’au premier trimestre 2026. Il s’agit de son plus haut niveau depuis l’automne 2020 au beau milieu de la crise du Covid. Le taux de chômage augmente ainsi pour chaque tranche d’âge : + 0,4 point pour les 15-24 ans (21,6 % au total), + 0,2 point pour les 24-49 ans (7,5 %) et + 0,3 point pour les plus de 50 ans (5,5 %). Une hausse continue observée sur ces six derniers trimestres, bien loin des promesses d’atteindre le plein-emploi formulées par Emmanuel Macron en 2017 puis en 2022. Le premier ministre n’y voit pourtant pas l’opportunité d’un mea culpa macroniste, rejetant la responsabilité de l’augmentation sur l’entrée en vigueur de la loi « pour le plein-emploi » qui ferait mécaniquement entrer 150 000 personnes dans les statistiques. « Pas de déni face à la hausse du chômage. Mais pas de caricature non plus », a écrit Sébastien Lecornu sur son compte X. Avant de se lancer dans la défense du bilan du chef de l’État : « Plus de 2 millions d’emplois ont été créés depuis 2017. Jamais autant de Français n’ont travaillé. » Mais preuve que le bateau présidentiel coule, même deux de ses anciens premiers ministres – Édouard Philippe et Élisabeth Borne – tirent sur ce bilan, auquel ils ont plus que contribué.
« Les aides aux entreprises n’ont pas fait reculer le chômage »
La gauche aussi attaque le résultat de dix années de macronisme. Notamment l’inefficacité des 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises que dénonçait déjà en 2025 le sénateur communiste Fabien Gay (par ailleurs directeur de l’Humanité), là où les macronistes accusent le contexte climatique et international de tasser la croissance, et donc l’emploi. « Bien sûr, il y a un élément conjoncturel, mais c’est surtout structurel : quand on choisit l’État-providence pour les entreprises et plus pour les gens, rétorque le député écologiste Charles Fournier auprès du Parisien. Les aides aux entreprises n’ont pas fait reculer le chômage. » « Où sont donc les dernières gouttes de la théorie du « ruissellement » promise par les macronistes ? », fait mine de s’interroger le député insoumis Carlos Martens Bilongo. La politique de l’offre et les réformes ultralibérales de l’assurance chômage et des retraites n’ont pas porté leurs fruits : il ne suffit pas de « traverser la rue » pour trouver un emploi.
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