Gérald Darmanin, soutien d'Edouard Philippe, estime que les ...
Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, qui soutient le candidat à la présidentielle Edouard Philippe (Horizons), a affirmé, lundi 2 novembre, que l’élection de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen à l’Elysée mettrait fin à l’Europe actuelle. « M. Mélenchon et Mme Le Pen tueront l’Europe telle qu’elle existe », a fait valoir le ministre au congrès « World in Progress », qui se tient à Barcelone jusqu’à mardi. « Il y aura toujours un continent européen et des pays qui se parleront, mais il n’y aura pas de communauté européenne », a poursuivi le ministre, qui estime, en écho aux déclarations de M. Philippe, que « les projets des deux candidats (…) se construisent sur la fin de cette Europe ». Le garde des sceaux a souhaité que « quelqu’un de très pro-européen » remporte la présidentielle, l’enjeu pour le prochain chef de l’Etat français étant selon lui « de transformer l’Europe en une Europe “puissance” et pas en une Europe “discussion” ». M. Darmanin, qui fut membre de tous les gouvernements depuis 2017, à l’exception de la brève équipe Barnier, a déploré que « l’Europe décroche dans le monde » et que « la France a[it] tendance à décrocher en Europe ». A l’heure où « le monde parle de physique quantique, d’intelligence artificielle, de climat et d’industrie verte », le ministre a regretté que la France se concentre sur « des débats de vieux » – citant notamment les retraites –, et a appelé à se projeter vers « des débats d’avenir ».
« Les Français ne veulent pas rompre avec l’Union européenne »
Plus tôt, Edouard Philippe avait, lui aussi, estimé lors du forum à Barcelone que « la droite extrême et la gauche radicale (…) se rejoignent, notamment sur le fait qu’elles n’aiment pas l’Union européenne ». Selon lui, les propositions portées par La France insoumise et le Rassemblement national « auront pour effet de casser la construction européenne ». « Aucun des deux ne dit explicitement vouloir rompre avec l’Union européenne, parce que les Français ne veulent pas rompre avec l’Union européenne », avait-il affirmé, en soulignant que Mme Le Pen a cessé de parler de « Frexit », cette sortie de la France de l’Union européenne (UE) envisagée par la candidate après le Brexit, mais depuis lors abandonnée. Selon lui, les propositions consistant à « revenir sur les engagements budgétaires et la contribution française » à l’UE ou à ne pas appliquer « la partie du droit communautaire qui (…) gêne [la France] » pourraient « casser le contrat qui [la] lie à [ses] partenaires européens ».