Revue de presse

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Emmanuel Macron réunit les chefs de parti face à la « dégradation rapide » de la situation internationale

Les Échos · 17/09/2026 · ← revue

Emmanuel Macron veut mettre les prétendants à sa succession dans la confidence. Le chef de l'Etat a convié les chefs des partis représentés au Parlement, ou leur candidat à la présidentielle, à une réunion vendredi à 10 h 30 à l'Elysée. Au menu de ce « format Saint-Denis » : la « dégradation rapide » de la situation internationale, « les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine » et leurs « conséquences en France sur la sécurité et l'énergie », a annoncé jeudi la présidence. Autour de la table, seul le Premier ministre, Sébastien Lecornu, représentera le gouvernement, aux côtés des responsables militaires et du renseignement. « Les autorités militaires et les services de renseignement partageront des informations en la possession du chef de l'Etat », a ajouté l'Elysée. Seront présents le renseignement intérieur et extérieur, le renseignement militaire, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale et le directeur général de l'énergie. La présence de ce dernier dit ainsi la place prise par la question énergétique dans l'équation.

Huis clos sous haute tension

Les chefs de parti, de La France insoumise (LFI) au Rassemblement national (RN), pourront venir en personne ou se faire représenter par leur candidat à la présidentielle. Selon une source au sein de l'exécutif, citée par l'AFP, Emmanuel Macron, qui ne peut briguer un nouveau mandat, estime que ceux qui aspirent à lui succéder doivent disposer des mêmes informations que lui pour éclairer le débat de la campagne. Qui sera présent ? De nombreux invités ont déjà confirmé leur venue. Les Républicains se verront représentés par Bruno Retailleau, Renaissance par Gabriel Attal, le RN par Jordan Bardella, le Part communiste français par Fabien Roussel, le Parti socialiste par Fabien Roussel, le MoDem par François Bayrou et Les Ecologistes par Marine Tondelier. Raphaël Glucksmann (Place publique) a également confirmé sa présence, tout comme Manuel Bompard (LFI), dernier en date. Le « format Saint-Denis » tient son nom des rencontres organisées pour la première fois le 30 août 2023 dans cette ville francilienne, dans un climat de forte tension. Il revient dans un contexte chargé. En Ukraine, des frappes russes ont touché dimanche des lignes ferroviaires dans l'ouest du pays, près de la frontière polonaise. Les responsables européens ont aussi dénoncé Moscou après des fusées éclairantes tirées contre un hélicoptère danois et l'interception d'un drone en Lituanie. Au Moyen-Orient, la guerre déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l'Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie. Le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le pétrole et le gaz, reste au coeur de la crise. VIDEO - Comment se fixe le prix du pétrole ?

Le gazole au plus près de son record

En France, la facture se lit déjà à la pompe, et la grogne monte. Le prix moyen du gazole dépassait jeudi matin 2,37 euros le litre, tout près de son record d'un peu plus de 2,38 euros atteint en avril. Il se maintient au-dessus de 2,30 euros depuis le 11 septembre. Environ 70 stations affichaient même le litre de gazole à plus de 2,70 euros. L'essence n'est pas épargnée. Le SP95-E10, carburant le plus vendu en France, s'échangeait jeudi à un peu plus de 2,16 euros en moyenne. Il dépasse ainsi son pic du 14 juin 2022, à 2,11 euros, atteint au lendemain de l'invasion de l'Ukraine. Il y a un an, fin août 2025, le litre de gazole coûtait moins de 1,58 euro en moyenne, selon les relevés hebdomadaires de la Direction générale de l'énergie et du climat.

Juliette FAVAREL-DENAT