Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Emmanuel Macron effectue sa dernière rentrée politique comme président de la République en appelant à ne pas céder au « défaitisme »

Le Monde · 18/08/2026 · ← revue

Emmanuel Macron a débuté sa dernière rentrée politique en tant que président de la République à Bormes-les-Mimosas, dans le Var, lundi 17 août, après ses traditionnelles vacances au fort de Brégançon. Une rentrée qui a pris des airs de tournée d’adieu. « Neuf ans, c’est au fond une époque », a philosophé le chef de l’Etat, ajoutant « vous allez me manquer ». Ce rendez-vous sur la Côte d’Azur était devenu pour lui un point d’étape à la veille de la rentrée politique. Dès sa deuxième année de mandat, en 2018, Emmanuel Macron a pris l’habitude de participer à la cérémonie commémorant la libération de Bormes-les-Mimosas, le 17 août 1944, après le débarquement de Provence. L’occasion pour l’exécutif de donner la tonalité de la rentrée à venir. Et pour le maire (divers droite) de Bormes, François Arizzi, de devenir chaque année un peu plus familier à l’endroit du couple présidentiel. « Ayez confiance en vous », a martelé Emmanuel Macron lors de son dernier discours sur les hauteurs du village. Le chef de l’Etat a oscillé entre la nostalgie d’un départ tout proche et la volonté de transmettre un message combatif. Cette année, dans un département très durement touché par les incendies – les plus longs et les plus terribles de son histoire –, il a choisi de défendre le bilan militaire de sa présidence, marquée par d’importants efforts budgétaires pour les armées, avant d’insister sur « la France forte et courageuse » qui « continue d’être une grande puissance d’équilibre et de liberté ». Et de rappeler que la loi de programmation militaire, qu’il a promulguée, lundi 17 août, permettra « 36 milliards d’euros d’investissements nouveaux pour nos armées sur la période 2026-2030 », ainsi que « d’organiser le service national qui donnera un cadre à l’engagement de notre jeunesse ».

« La France qui résiste au feu »

L’horizon de l’élection présidentielle de 2027 et les scores de l’extrême droite lors des derniers scrutins ne semblent jamais très loin. « Ne cédez pas à l’esprit rampant du défaitisme », a ainsi répété le chef de l’Etat, « au doute excessif, à l’absence de confiance en soi ». Avant de citer l’historien et résistant Marc Bloch dans L’Etrange Défaite, un essai paru en 1946 qui analyse les causes de la débâcle militaire française de 1940. « C’est ce même esprit de défaite des soi-disant élites ou intellectuels ou dirigeants politiques et économiques qui expliquaient, en 1940, (…) que tout était fichu, que la France finalement valait moins que ceux qui arrivaient en face, qu’elle ne se tenait plus, (…) qui l’ont conduite au désastre », a-t-il clamé. Les incendies, eux, n’ont été abordés que de façon très succincte dans le discours présidentiel. Un peu plus tôt dans la soirée, une réunion avait été organisée avec une dizaine d’élus au fort de Brégançon. Parmi eux, les maires des communes sinistrées par l’incendie du Gros Bessillon : Barjols, Cotignac, Montfort-sur-Argens, Les Arcs, Taradeau, Le Val et Brignoles. Le chef de l’Etat leur a promis qu’ils bénéficieraient des mêmes dispositifs mis en place pour la Gironde et les Landes. « Le feu est arrivé tôt, plus tôt que prévu… Il a été terrible », a résumé Emmanuel Macron à Bormes-les-Mimosas. « Il faut rester vigilant, nous savons que la saison n’est pas terminée », a-t-il averti, rendant hommage à « la France qui résiste au feu » et appelant à « tirer les leçons » de ces épreuves. Quatre ans plus tôt, au même endroit, le président de la République avait semblé presque résigné face à ce qu’il avait appelé des « cataclysmes climatiques dévastateurs ». « Ils menacent hélas de s’intensifier et de se répéter », avait-il alors déclaré. Face à ce constat, le locataire de l’Elysée avait d’ailleurs dressé comme priorité « de repenser nos systèmes d’alerte et de sécurité et l’organisation des forêts ». Alors, à Bormes, lundi, les habitants des environs et les touristes se sont agglutinés sur la place du village une dernière fois, buvant du rosé en attendant le traditionnel bain de foule du président. Mais le couple présidentiel n’est resté que trente petites minutes sur la place Saint-François, ne saluant que les invités installés dans le carré VIP. Emmanuel Macron, pressé, est alors remonté dans sa voiture : il recevait le premier ministre, Sébastien Lecornu, arrivé dans le Var après un passage en Gironde en milieu de journée, pour un « dîner de travail ».