Revue de presse

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Edouard Philippe : la bataille de LR a commencé

Les Échos · 31/08/2026 · ← revue

Par Cécile Cornudet

Plus dur sur la sécurité. Edouard Philippe envisage de « confier aux maires des pouvoirs étendus pour aider la police et la justice ». Un peu plus dur sur l'immigration. Il veut revoir le niveau des aides sociales, « comme au Danemark », même si c'est sans réviser la Constitution. Réformateur assumé, même s'il concède à Gérald Darmanin de mener celle des retraites dans un esprit de justice. Ce dimanche à Tourcoing, le nom de Bruno Retailleau n'est jamais prononcé, mais il semble bien visé par cette démonstration de compatibilité de leurs programmes. Edouard Philippe se définit comme « un homme de droite », même s'il veut rassembler droite et centre. Il consacre l'essentiel de son discours à cette « union des forces », seule à même d'éviter un duel Le Pen-Mélenchon, et de permettre une majorité aux élections législatives. Gabriel Attal et Bruno Retailleau sont visés bien sûr, mais si le premier fait l'objet d'un tacle indirect - Philippe fustige « les bons mots méchants d'entourages mal tenus » -, le second est épargné, presque courtisé. Duquel faut-il obtenir d'abord le retrait ?

La mission de Darmanin

De Bruno Retailleau, semble tenter Edouard Philippe. Fragile, le candidat de LR se tasse dans les sondages (à 6,5 % s'il est face à Edouard Philippe selon Elabe pour « La Tribune Dimanche »). Le parti reste traumatisé par les 4,8 % de Valérie Pécresse en 2022, sans remboursement des comptes de campagne. Bruno Retailleau a construit sa stratégie sur la candidature de Jordan Bardella : la décision judiciaire du 7 juillet l'a mise à mal. A l'inverse, Gabriel Attal dispose d'une autonomie financière qui lui permet de tenir longtemps. « Et parions qu'il finira par s'éroder de lui-même », dit un philippiste. Ainsi se dessine à Tourcoing le deal Philippe-Darmanin. Le programme du candidat n'a pas encore la tournure « populaire » dont rêve le ministre. Mais sa ligne stratégique est reprise. Gérald Darmanin est mandaté comme il le souhaitait pour « préparer cette recomposition » et s'occuper des futures investitures. Il sera aux premières loges à l'Assemblée pour la reconstruction de l'après-présidentielle, quel qu'en soit le résultat. « Retailleau pèse plus et c'est mieux pour les législatives de faire un deal avec lui », estime-t-il. Edouard Philippe agrée. « Le problème de la droite n'est pas sa diversité, le problème c'est la division. » A l'université d'été de Jean-Michel Blanquer à Sens, vendredi, un homme, François Baroin, jusqu'à présent absent du débat, anticipe cette pression sur LR et ouvre un oeil. Un retrait de Retailleau signerait la mort de LR, calcule-t-il, puisqu'une majorité de ses électeurs partirait au RN. Il faudrait alors reprendre le flambeau, esquisse-t-il. Pas si simple, la bataille de LR. VIDEO - Comment les candidats de la présidentielle financent-ils leurs campagnes ?

Cécile Cornudet