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Classement Pisa : une nouvelle pierre dans le bilan très critiqué d'Emmanuel Macron

Les Échos · 08/09/2026 · ← revue

Une « alerte collective », selon le ministre de l'Education, Edouard Geffray. Le classement Pisa montre que le niveau des élèves français n'a jamais été aussi bas. Entre les conséquences longues du Covid, l'irruption de l'intelligence artificielle, la démission des parents ou encore l'omniprésence des réseaux sociaux, les causes sont identifiées. Ces résultats viennent aussi jeter une lumière crue sur le bilan d'Emmanuel Macron en matière d'éducation, à quelques mois de son départ de l'Elysée après deux mandats. Celui qui avait mis l'éducation dans les priorités de son projet en 2017 et avait tenu à incarner fortement sa politique en la matière en se posant en « superministre de l'Education » se retrouve une décennie plus tard avec des résultats loin d'être à la hauteur de ses espérances.

Allers et retours sur les réformes

Emmanuel Macron n'est pas à lui seul la cause de l'effondrement du niveau des élèves français. « Les élèves qui ont été testés sont nés en 2009 donc […] ils n'ont connu quasiment aucune des réformes qui ont été menées depuis 2017, ni le dédoublement des classes, ni l'heure de soutien ou les groupes de niveau en sixième, ni la réforme des programmes avec objectifs annuels qui est en vigueur depuis deux ans », a rappelé sur France Inter le ministre de l'Education, Edouard Geffray. Un conseiller du chef de l'Etat préfère donner rendez-vous pour le prochain classement Pisa, quand ces réformes seront prises en compte. « On a réussi quelques réformes, mais ces résultats sonnent surtout comme un avertissement pour la suite », se console un député macroniste. Il n'empêche, depuis 2022, les allers et retours sur les réformes (bac, lycée professionnel, collège, formation des enseignants…) et la valse inédite des ministres depuis le second quinquennat (Edouard Geffray est le septième depuis 2022) ont alimenté la confusion. Ils rendent le bilan d'Emmanuel Macron au mieux illisible, au pire catastrophique, comme le montre le classement Pisa. Le second quinquennat d'Emmanuel Macron apparaît comme l'exact contraire du premier : sans cap et sans ministre pour porter les réformes, alors que Jean-Michel Blanquer avait incarné cette politique lors du premier.

Les candidats à la présidentielle se projettent

Ce classement Pisa constitue une mauvaise nouvelle pour le chef de l'Etat. Il est déjà très critiqué sur son bilan économique (remontée du chômage, envolée de la dette) et politique (Rassemblement national et LFI au plus haut, majorités introuvables et instabilité depuis la dissolution ratée de juin 2024) et voit la fin de son mandat plombée par une défiance de plus en plus forte des Français. Sur l'éducation, les candidats à la présidentielle se sont évidemment saisis du sujet, quelques jours après avoir étalé leurs propositions à l'occasion de la rentrée scolaire. Tous ou presque promettent de mettre l'éducation au coeur de leur projet, tant ils estiment que la situation est grave et que le sujet parle à l'opinion. LFI a été la plus sévère sur le bilan des gouvernements successifs et Paul Vannier, le député Insoumis spécialiste des questions d'éducation, a pris le soin de mettre Gabriel Attal en haut de la liste des responsables. Marine Le Pen a déploré « l'effondrement » et assuré vouloir faire de l'éducation un « pilier » de son futur projet. Les candidats issus de la droite et du centre ont préféré se projeter en passant par pertes et profits le bilan d'Emmanuel Macron. « Rien n'est plus urgent que de refaire de notre école une école qui élève et qui émancipe. Regarder ailleurs, c'est nous condamner au déclin, c'est condamner nos enfants », a déclaré sur X Gabriel Attal. Autant Edouard Philippe que Bruno Retailleau ne sont pas en reste. « Ce n'est plus un signal d'alerte, c'est un signal d'alarme. Il faut remettre l'exigence au coeur du projet éducatif national », a déclaré le premier à l'AFP, précisant en faire « sa priorité absolue ». Le second a promis une « révolution culturelle » de l'éducation.

Grégoire Poussielgue