Revue de presse

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A l'ONU, Macron dépeint un monde entré dans un « nouvel âge de la barbarie »

Les Échos · 22/09/2026 · ← revue

Par Bastien Bouchaud

Emmanuel Macron a plaidé avec ferveur pour défendre la pertinence des forums internationaux mardi à la tribune de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Face à la menace d'un « retour de la loi de la jungle » dans le monde, « notre devoir plus que jamais, est de nous tenir droits aux côtés des Nations Unies pour décider précisément ensemble de l'intérêt commun », a déclamé le président français pour sa dernière prise de parole à l'Assemblée générale de l'ONU en tant que chef de l'Etat. « Là où la loi du plus fort tente de s'imposer, il nous faut défendre la justice, l'intérêt commun, et il faut le faire dans notre intérêt même à chacun », a défendu Emmanuel Macron quelques heures après la prise de parole de Donald Trump, alors que le président américain a cherché à justifier l'intervention américaine unilatérale en Iran.

« Une lente division du monde »

Il faut surtout « ne rien céder » face aux attaques tous azimuts contre l'ordre international et la diplomatie, a-t-il répété tout au long de son discours. « Face aux abus de pouvoir, nous devons retrouver ce qu'est la vitalité de notre organisation, ce multilatéralisme qui est la défense d'un intérêt commun, d'une justice pour tous », a insisté Emmanuel Macron, pour ne pas sombrer dans « une lente division du monde ». Le tableau dépeint par Emmanuel Macron pour son neuvième discours à la tribune de l'ONU est particulièrement sombre. « Au Moyen-Orient, en Ukraine, en Afrique, l'industrialisation des crimes de guerre, des violations du droit et la destruction des infrastructures civiles ouvrent un nouvel âge de la barbarie », a-t-il mis en garde. Le respect de la souveraineté ne peut pas être soumis à un « double standard », a-t-il expliqué, appelant la communauté internationale à se mobiliser pour l'Ukraine et la Palestine. Le président a renouvelé son appel à un « double moratoire » en Ukraine et en Russie sur les infrastructures énergétiques, alors que la chute des capacités de production de carburants contribue à la crise énergétique mondiale. « Un moratoire sur l'énergie et les infrastructures civiles, de part et d'autre, et un moratoire sur la mer Noire, qui permettra de libérer les céréales », a-t-il précisé.

Critique d'Israël

Après avoir profité de son passage à l'ONU l'an dernier pour annoncer la reconnaissance de l'Etat palestinien par la France, Emmanuel Macron a appelé à maintenir la pression sur Israël face à ses abus de pouvoir en Cisjordanie notamment. « Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza. Certains se flattent d'une paix prétendue, mais cette paix n'a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires. Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous », a-t-il déclaré. « Tous ceux qui prétendent que la sécurité d'Israël passe par la violation de la souveraineté de tous ses voisins font une erreur funeste, affaiblissent la sécurité d'Israël pour aujourd'hui et pour demain et la menacent », a estimé le président français. Il a promu les initiatives internationales portées par la France en matière de protection de l'environnement, de dialogue stratégique sur les terres rares et de réflexion sur l'encadrement de l'intelligence artificielle au fil de son discours. « Si nous voulons répondre au défi de la planète, celui du climat, de la biodiversité, nous avons besoin du multilatéralisme d'action », a-t-il jugé, alors que la lutte contre le changement climatique a eu tendance à passer à l'arrière-plan ces dernières années face à l'accumulation de crises géopolitiques. Le président français a rencontré Donald Trump lundi soir à New York pour un entretien organisé à la Trump Tower, avant de discuter avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Mardi matin, il a échangé avec de grands patrons de Wall Street, dont Larry Fink, le patron de BlackRock et David Salomon qui tient les rênes de Goldman Sachs. Emmanuel Macron a pris l'habitude de faire la réclame de la France auprès de ces grands investisseurs lors de ses passages à l'ONU.

Bastien Bouchaud (Bureau de New York)