Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Yvelines : les neuf mois de fermeture de l'autoroute A13 inquiètent élus et chefs d'entreprise

Les Échos · 03/10/2026 · ← revue

Par Alain Piffaretti

Neuf mois de travaux… et de lourdes perturbations de la circulation automobile. C'est le programme qui attend, à partir du 16 novembre prochain, les quelque 80.000 utilisateurs de l'autoroute l'A13 dans le sens Paris Province, entre le périphérique parisien et Vaucresson, dans les Yvelines. En cause, le tunnel de Saint-Cloud qui doit être consolidé, sous peine de risques d'écroulement, au moment du passage, en 2027, du tunnelier de la future ligne 15 du Grand Paris Express. Les élus et les acteurs économiques des Yvelines ne contestent pas la nécessité du chantier. Mais ils réclament des mesures concrètes contre les conséquences redoutées : routes saturées, territoire ralenti, salariés épuisés et activité économique pénalisée.

Un frein aux recrutements

À Saint-Quentin-en-Yvelines, où des milliers de salariés rejoignent quotidiennement Paris ou les Hauts-de-Seine, l'inquiétude est palpable. « Nous comprenons parfaitement pourquoi la fermeture est nécessaire, mais nous sommes surpris que les conséquences qu'elle entraînera n'aient pas été davantage anticipées », regrette Lorrain Merckaert, président de l'agglomération de Saint-Quentin et maire de Montigny. Pour lui, il est plus que temps de réunir tous les acteurs autour de la table pour trouver des solutions. Une position partagée par François de Mazières, maire divers droite de Versailles et président de Versailles Grand Parc. « Nous représentons un territoire économique majeur ; il est indispensable de trouver une solution équilibrée, à la fois sur le tarif du Duplex de l'A86 et sur le renforcement des transports collectifs ». « Les maires, sont déjà sollicités par des habitants, qui redoutent des temps de trajet multipliés et un report massif de la circulation dans les centres-villes », dénonce pour sa part Richard Delepierre, vice-président chargé des transports au département des Yvelines. Plusieurs entreprises du secteur de la Défense voient leurs commandes progresser en ce moment. Les problèmes de circulation pourraient freiner les recrutements Lorrain Merckaert, maire de Montigny. Les entreprises suivent également de près le dossier. Saint-Quentin-en-Yvelines et Versailles concentrent en particulier plusieurs grands groupes de la Défense, de l'aéronautique et de l'automobile. « Plusieurs entreprises du secteur de la Défense voient leurs commandes progresser en ce moment. Les problèmes de circulation pourraient freiner les recrutements », alerte Lorrain Merckaert. Guillaume Cairou, président de la CCI Versailles Yvelines, partage cette inquiétude, ajoutant qu'il ne faut pas oublier les artisans, qui rencontreront beaucoup plus de difficultés à rejoindre leurs chantiers.

Le duplex A86 au coeur des revendications

Pour l'instant, l'Etat a déjà annoncé que le prix du péage sur l'A14 sera divisé par deux. Mais les demandes des élus se concentrent aujourd'hui sur le duplex de l'A86. Car contrairement à l'A14, aucune mesure de réduction des coûts n'est annoncée pour cet équipement, pourtant considéré comme l'itinéraire de substitution le plus logique pour une grande partie des Yvelines. « Les automobilistes vont mettre davantage de temps tout en dépensant plus d'argent. Cette double peine n'est pas acceptable », dénonce Richard Delepierre. L'association Delta SQY, qui fédère une grande partie des grandes entreprises du territoire, réclame la même mesure. Son président, Laurent Legendre, estime qu'au moins 50.000 salariés de Saint-Quentin ou de Versailles seraient concernés : « La baisse du tarif de l'A14 ne répond que très partiellement à leurs besoins ». Le Conseil départemental vient ainsi d'adopter une motion réclamant à l'Etat d'ouvrir rapidement des discussions avec le concessionnaire afin de mettre en place un tarif exceptionnel sur le duplex. Dans cette motion, le département réclame par ailleurs une amélioration de la régularité et de la capacité des lignes de transports en commun les plus concernées et le report de certains travaux ferroviaires programmés en 2027 afin d'éviter une accumulation de perturbations. Ile-de-France Mobilités a promis de renforcer plusieurs lignes de cars express, pour inciter une partie des automobilistes à se reporter sur les transports en commun. L'autorité régionale assure, en outre, que le réseau ferré francilien est en mesure d'absorber une partie de ces nouveaux voyageurs grâce aux lignes L, J, N, U ainsi qu'aux RER A et C. Plusieurs élus se montrent beaucoup dubitatifs, à l'image de Richard Delepierre qui estime que les mesures envisagées seront insuffisantes pour compenser la fermeture d'un axe aussi stratégique que le tronçon de l'A13. À quelques semaines du début du chantier, il espère encore, comme nombre de ses collègues franciliens, obtenir des ajustements.

Alain Piffaretti