Une élue Révolution Permanente de Saint-Denis dénonce le salaire trop élevé de Bally Bagayoko, le maire s’offusque de tant de «haine»

Une élue Révolution Permanente de Saint-Denis dénonce le salaire trop élevé de Bally Bagayoko, le maire s’offusque de tant de «haine» La conseillère municipale d’opposition, Elsa Marcel, évoque une rémunération de 9000€ brut mensuel, preuve selon elle de l’incapacité de LFI à incarner une gauche de rupture.
Bally Bagayoko devrait décidément se méfier de sa gauche. En 2018, c’était un élu communiste de Saint-Denis qui dénonçait le caractère peu «éthique» de sa confortable rémunération, alors qu’il n’était encore qu’adjoint au maire de la commune… Aujourd’hui, une autre conseillère municipale dyonisienne, étiquetée Révolution Permanente, s’en prend une fois encore à son portefeuille. Elsa Marcel, avocate de profession, a affirmé ce mardi que l’élu de La France Insoumise touchait 9000€ bruts mensuels pour toutes ses fonctions. Ce dernier s’est demandé sur X comment elle pouvait «mentir de la sorte» et s’est étonné de «la haine déployée». Une querelle entre deux nuances d’extrême gauche, mais surtout deux partis lancés dans la course à la présidentielle de 2027. C’est à l’occasion d’un meeting de son camarade Anasse Kazib, candidat à la fonction suprême, organisé 11 octobre dernier, qu’Elsa Marcel présente l’une des revendications de leur mouvement : la limitation des revenus des élus au niveau du salaire d’un ouvrier qualifié. Elle lance alors une charge contre Bally Bagayoko sans le citer : «LFI, ils ont fait quoi quand ils sont arrivés sur Saint-Denis ? Ils ont gardé le salaire de maire qu’avait Mathieu Hanotin : 9000€. Costaud.» Huées dans la salle. L’extrait vidéo datant de dix jours a été relayé ce lundi sur X par le compte satirique de tendance droitière «French Carcan»… Constatant la viralité de cette publication gratifiée de près de 2000 «likes», quelques défenseurs autoproclamés de LFI ont dénoncé l’attaque «virulente et mensongère» de la conseillère municipale d’opposition de Saint-Denis. Deux comptes, celui d’une certaine «Nina Simone» et un autre baptisé «Résistance FI», ont rappelé que le maire de Saint-Denis percevait une indemnité brute mensuelle de 5960,26€, soit 4500€ net. Et c’est tout. Elsa Marcel a alors précisé qu’à cette somme s’ajoutent «plus de 2000€ comme président de Plaine Commune» et «quasi 800€ de frais de représentation». Soit, conclut-elle, un revenu mensuel de 9000€ brut. Une «falsification délibérée» pour les soutiens virtuels de Bally Bagayoko, couplée à un «acharnement contre la FI relevant d’une stratégie électoraliste aussi stérile que propice à l’extrême droite». En réalité, la conseillère municipale Révolution Permanente ne semble pas très loin de la vérité. Comme l’indique un tableau en annexe d’une délibération du 16 avril 2026, le salaire mensuel brut du maire est de 5960,26€. Pour ses activités au sein de l’intercommunalité Plaine Commune, dont il est le président, il touche 47,56% de l’indice brut terminal de la fonction publique - servant de base au calcul des indemnités de fonction - soit 1955€ brut. Ce montant a été validé lors d’un conseil de territoire du 16 juin dernier. En complément, le maire touche une enveloppe annuelle de 10.000€ pour ses frais de représentation, soit environ 800€ par mois, dont il dispose comme il l’entend. Le mouvement Révolution permanente, se revendiquant du marxisme et prônant la révolution est né d’une scission avec le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) en 2021. Le parti de Philippe Poutou était soupçonné à l’époque par quelques dissidents d’une trop grande proximité avec la gauche institutionnelle, notamment avec La France Insoumise. Ses militants déplorent l’attitude des élus LFI une fois au pouvoir, épousant, selon eux, «les pratiques dominantes de la politique professionnelle et bourgeoise». Ils estiment que réclamer un salaire d’élu au niveau de celui d’un ouvrier qualifié permet de le maintenir proche «des intérêts des travailleurs et des classes populaires», comme l’explique une chronique, datant du mois d’avril, publiée sur le site revolutionpermanente.fr. Le mouvement reproche aux élus LFI de profiter des privilèges du système français et leur reproche leur incapacité à se défaire des considérations matérielles. Sur X, Elsa Marcel, répondant à Bally Bagayoko, dénonce «les limites de la perspective institutionnelle [de LFI] qui vous amène à vous adapter aux fonctionnements existants, que ce soit sur les salaires d’élus ou sur le LBD». Dans les commentaires, un internaute s’interroge : «Mais ils sont pas censés être dans le même camp ?»