Revue de presse

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Travaux à Orly : des communes de l'Essonne temporairement survolées réclament une indemnisation

Les Échos · 11/09/2026 · ← revue

Par Julien Lec'hvien

La piste 02/20 de l'aéroport de Paris-Orly est dans le radar des habitants de l'Essonne. Utilisée d'ordinaire de façon secondaire pour soulager le trafic trop intense ou lors des procédures d'urgence, elle reçoit pendant quatre mois une partie du trafic aérien reporté en raison d'importants travaux de réhabilitation de la piste n° 4, fermée du 10 août jusqu'au 17 décembre. Depuis le début du chantier, l'un des plus importants réalisés ces dernières années dans l'aéroport, des centaines d'avions survolent donc quotidiennement des dizaines de communes jusqu'alors situées à l'écart des couloirs aériens. Le groupe Aéroport de Paris (ADP) prévoit ainsi jusqu'à 30 décollages et atterrissages par heure de 6 heures à 23h30 sur la piste n° 2, la seule orientée nord-sud en Île-de-France. Et d'insister : « Il s'agit donc d'un déplacement temporaire des trajectoires et non d'une augmentation durable du trafic » Pour évaluer les nuisances sonores engendrées, l'association Bruitparif a récemment installé un capteur de bruit sur la commune de Juvisy-sur-Orge, nouvellement survolée. Le niveau de bruit moyen s'établit à 64,1 dB A (décibels pondérés A), au-delà du seuil de 50 à 55 dB (A) à partir duquel l'Organisation Mondial de la Santé estime que l'exposition au bruit en journée produit des effets néfastes tels que des troubles du sommeil ou des risques cardiovasculaires accrus.

Quatre pétitions lancées depuis juin

Depuis juin, quatre pétitions ont été lancées - dont deux par des élus - pour demander une compensation financière. Dans l'une d'entre elles, signée par près de 1.300 personnes dont 100 maires de l'Essonne, le maire d'Athis-Mons Jean-Jacques Grousseau réclame auprès de la Préfecture de la région Île-de-France la révision du Plan gêne sonore (PGS) autour de l'aéroport d'Orly. Ce document, se présentant sous forme de carte dont les contours sont approuvés par arrêté préfectoral, permet de définir les zones d'habitation éligibles à une aide pour l'insonorisation des logements. Depuis 1995, 77.000 logements ont été insonorisés dans le périmètre des trois aéroports parisiens, pour un coût total d'environ 750 millions d'euros. Contactés, ni la préfecture de l'Essonne, ni la préfecture de la région Île-de-France n'ont indiqué si elles comptaient étudier la possibilité de réviser ce plan. De son côté, Jean-Jacques Grousseau reconnaît que sa révision constitue une « procédure longue » mais souligne qu'il est aujourd'hui le « seul mécanisme légal » pour obtenir une compensation. Mais, nuance-t-il en substance, cet élargissement du PGS ne serait en aucun cas un blanc-seing à une pérennisation de l'utilisation de la piste n°2 en dehors des périodes de travaux. Robin Reda, conseiller régional et adjoint à la maire (DVD) de Juvisy-sur-Orge ayant lui aussi lancé une pétition, n'est pas contre un élargissement du PGS mais réfléchit à d'autres options. Il souhaite « faire évoluer la réglementation actuelle, qui ne permet pas aux villes survolées de façon temporaire d'avoir des indemnités, contrairement à celles qui le sont toute l'année ». Et l'élu de rappeler que ce n'est pas la première fois que des travaux imposent d'utiliser la piste n° 2 de l'aéroport Paris-Orly. « Mis bout à bout, on en est à un an de travaux en dix ans, explique-t-il. Ces périodes exceptionnelles deviennent fréquentes et la question de l'indemnisation peut légitimement se poser. »

LJulien Lec'hvien