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Strasbourg : tensions croissantes entre majorité et oppositions au conseil municipal

Les Échos · 29/09/2026 · ← revue

Par Bénédicte Weiss

Ce 28 septembre en conseil municipal de Strasbourg (Bas-Rhin), un nouveau règlement intérieur « pour des débats démocratiques apaisés et constructifs au service des Strasbourgeoises et des Strasbourgeois » a été adopté. Pas sûr que les oppositions au conseil municipal de Strasbourg (Bas-Rhin) abondent cette assertion de la majorité socialiste. Car en matière d'apaisement, le débat n'aura pas été des meilleurs. Dès la présentation du point, le conseiller LR Jean-Philippe Vetter a coupé la maire pour demander une suspension de séance. En cause : la réception à peine vingt minutes avant le début du conseil d'un amendement de la majorité venant modifier la proposition de règlement mise à délibération. Une heure et demie plus tard (contre quinze minutes initialement prévues), les conseillers étaient de retour avec, du côté des trois groupes d'opposition, un amendement commun visant, selon Jean-Philippe Vetter, à « garantir des droits à l'opposition de pouvoir s'exprimer ». Soit, notamment, le rétablissement d'un droit de résolution, bien que limité par rapport à celui en vigueur durant le dernier mandat.

«Jeu tactique»

« J'aimerais bien qu'il n'y ait pas de duplicité », a répondu la maire Catherine Trautmann, demandant aux oppositions si elles voteraient son texte si elle présentait l'amendement, celui-ci ne pouvant, au vu du délai dans lequel il avait été déposé, n'être présenté que par elle en séance. Sans succès auprès de ses opposants, peu enclins à donner leur accord préalable au texte de la majorité pour voir leur position écoutée. « Je crois que la question posée aujourd'hui est de savoir quelle place votre majorité souhaite accorder au débat démocratique », a par exemple commenté l'ancienne maire écologiste Jeanne Barseghian. « J'ai été trop saisie par les Strasbourgeois par ce qu'ils estimaient être la parodie de l'Assemblée nationale », a fustigé en retour Catherine Trautmann, dénonçant un « jeu tactique » de la part des oppositions et critiquant la gestion des débats sous le mandat précédent. Après le vote, qui a permis l'adoption du nouveau règlement (qui, met en avant l'exécutif, crée cinq commissions thématiques ouvertes aux oppositions pour préparer les questions abordées en conseil) mais pas de l'amendement des oppositions, ces dernières ont tout bonnement décidé de quitter les lieux. « Puisque apparemment vous n'avez pas besoin de nous pour mener le débat démocratique, nous allons quitter cette assemblée, a énoncé au préalable Jeanne Barseghian. Vous aviez promis aux Strasbourgeoises et aux Strasbourgeois de réparer et apaiser, finalement vous montrez que ce que vous avez souhaité, c'est de contrôler et museler. » Ce n'était pas le premier point d'achoppement de ce conseil. Un peu plus tôt, les présentations en séance de l'audit financier demandé par la nouvelle majorité et d'un budget complémentaire actant la réduction de certains crédits avaient déjà suscité un vif débat. Le conseil s'est achevé sans les oppositions, sans ajournement des points qui restaient à débattre.

Bénédicte Weiss (Correspondante à Strasbourg)