Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Sénatoriales 2026 : au sein du bloc central, un apparent statu quo et une chasse ouverte aux recrues

Le Monde · 28/09/2026 · ← revue

A l’issue du scrutin sénatorial, c’est un semblant de statu quo qui prévaut pour le bloc central. Le balancier électoral s’est toutefois montré plus favorable à son aile droite et promet d’intenses tractations les prochains jours, chacun des groupes espérant faire basculer le rapport de force en sa faveur pour récupérer les quelques nouveaux centristes élus, dimanche 27 septembre. Conduit par le sénateur des Hauts-de-Seine Hervé Marseille, le groupe Union centriste (UC), membre de la majorité aux côtés des Républicains, remettait 30 de ses 59 sièges en jeu, avec l’espoir de devenir la deuxième force du Sénat. Il devrait finalement rester le troisième groupe du Palais du Luxembourg, derrière les socialistes, en réunissant entre 58 et 60 sénateurs selon ses estimations, même si les effectifs ne sont pas encore stabilisés. Parmi ceux qui ont confirmé leurs sièges, figure la seule membre du gouvernement en lice lors de ce scrutin : la ministre de l’aménagement du territoire Françoise Gatel (Union des démocrates et indépendants, UDI), qui l’emporte en Ille-et-Vilaine. Dimanche soir, deux sièges ont été perdus par le groupe UC : celui d’Evelyne Perrot dans l’Aube, battue par la députée Les Républicains Valérie Bazin-Malgras, et celui d’Annick Jacquemet dans le Doubs. S’ajoutent trois autres places pour lesquelles les sénateurs sortants ne se représentaient pas (Claude Kern en Alsace, Alain Cazabonne en Gironde et Patrick Chauvet en Seine-Maritime). Du côté des gains, quelques victoires sont déjà revendiquées, dont celles de membres de l’UDI, comme Joseph Francis élu dans l’Hérault, et Isabelle Dollinger dans le Bas-Rhin. Mais Hervé Marseille reste prudent et espère bien mettre à profit le mercato des prochains jours pour tenter d’attirer dans ses rangs un maximum de nouveaux entrants non affiliés, avant le dépôt de la composition des groupes le 5 octobre.

RDPI résiste

A quelques mois de l’élection présidentielle, l’avenir du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI) – créé en 2017 pour soutenir l’action d’Emmanuel Macron – constituait un autre enjeu pour le bloc central. Promis au déclin, le groupe, où siègent les quelques membres du parti présidentiel Renaissance ainsi que de nombreux élus ultramarins, résiste. Il devrait passer de 19 à 15 membres – sous réserve des résultats du sénateur sortant Teva Rohfritsch (Ia Ora te Nuna’a/Renaissance) en Polynésie française. Sur les 11 sièges soumis au vote dimanche, RDPI perd comme attendu en Côte-d’Or le siège de François Patriat – mort en août, peu de temps après avoir annoncé qu’il ne se représentait pas –, un autre à Wallis et Futuna (celui de Mikaele Kulimoetoke défait face à l’élu divers centre Lafaele Tumuli), ainsi qu’un siège en Guyane (celui de Marie-Laure Phinéra-Horth qui ne se représentait pas). Les troupes sénatoriales du parti présidentiel se voient aussi menacées par leurs propres partenaires, mieux implantées localement. Elles perdent ainsi un siège dans l’Eure, celui de Nicole Duranton, ex-suppléante de Sébastien Lecornu qui ne se représentait pas. Il revient au groupe Les Indépendants, composé majoritairement de membres Horizons, que rejoindra Frédéric Duché. Le groupe risque de voir ses rangs maigrir au gré de potentiels mouvements ces prochains jours. La sénatrice Nadège Havet pourrait notamment rejoindre les Indépendants, même si elle ne l’a pas confirmé au Monde. En attendant, RDPI accueille quelques nouveaux visages. C’est le cas de Marie-Ange Rousselot, élue sénatrice des Français de l’étranger, qui était jusqu’alors députée suppléante du ministre de l’industrie Marc Ferracci, ou encore du maire de Zimmerbach (Haut-Rhin) Benjamin Huin-Morales, élu sénateur du Haut-Rhin, qui a rejoint au printemps l’équipe de campagne de Gabriel Attal. La maire de Bourg-de-Péage (Drôme) Nathalie Nieson fait elle aussi son entrée au Sénat, sous la bannière Renaissance. De son côté, l’ancien ministre macroniste Jean-Baptiste Lemoyne a été réélu dès le 1er tour dans l’Yonne. Régulièrement cité pour prétendre à la présidence du groupe, face au sénateur des Hauts-de-Seine Xavier Iacovelli, Jean-Baptiste Lemoyne n’a pas encore officialisé sa candidature. L’élection doit avoir lieu mercredi 30 septembre à 16 heures.

Horizons revendique 20 sénateurs

Quant au parti Horizons d’Edouard Philippe, il revendiquait dimanche soir 20 sénateurs, soit deux de plus, conformément à sa progression lors des municipales. La plupart des philippistes siègent au sein du groupe Les Indépendants (11 jusqu’ici) ou au groupe Union centriste (7), un choix justifié, selon le secrétaire général Christophe Béchu, « par respect de la géographie propre au Sénat et la liberté d’esprit de chacun ». Conduit par Claude Malhuret, le groupe Les Indépendants voyait 9 de ses 20 sièges renouvelables. Outre celui du président du groupe réélu dès le premier tour dans son fief de l’Allier, les élus Horizons Marc Laménie (Ardennes), Vanina Paoli-Gagin (Aube), Alain Marc (Aveyron), Cyril Pellevat (Haute-Savoie) et Pierre Médevielle (Haute-Garonne), ont été réélus. Mais dans l’Hérault, le sortant Jean-Pierre Grand a fait les frais de divisions locales et d’une percée du Rassemblement national. Six nouveaux membres du parti font toutefois leur entrée au Palais du Luxembourg : les députés Loïc Kervran et Christophe Plassard élus respectivement dans le Cher et en Charente-Maritime, le vice-président du département de l’Eure Frédéric Duché, le maire de Castillon-la-Bataille (Gironde) Jacques Breillat – sur la liste portée par la présidente du Parti radical et sénatrice Nathalie Delattre – et le maire de Landerneau, Patrick Leclerc. Tout en veillant à ne pas chasser sur les terres de ses collègues de bancs et à ménager ses relations avec la majorité sénatoriale, à laquelle il aimerait arrimer son groupe, Claude Malhuret espère accueillir ces prochains jours au sein des Indépendants de nouvelles recrues. Elu Renaissance sans avoir l’intention de siéger au sein de RDPI, un certain Renaud Muselier, élu sur le fil dans les Bouches-du-Rhône, se cherche notamment une place.