Revue de presse

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Remplacements de fonctionnaires par l’IA : « Les Pays-Bas brandissent à leur tour la tronçonneuse popularisée par le président argentin Javier Milei »

Le Monde · 28/10/2026 · ← revue

Deux ans déjà. En novembre 2024, un Donald Trump fraîchement élu à la Maison Blanche confiait à Elon Musk les clés d’un ministère de l’«efficacité gouvernementale » (DOGE). Ce n’est pas parce que l’expérience imprégnée d’idéologie a tourné court que l’idée d’utiliser l’intelligence artificielle (IA) afin d’économiser l’argent public a été enterrée. Cette fois, c’est au tour des Pays-Bas de brandir – métaphoriquement – la tronçonneuse popularisée par le très libertarien président argentin, Javier Milei. Dans une lettre adressée lundi 26 octobre au Parlement, le secrétaire d’Etat néerlandais chargé de l’efficacité de l’administration, Eric van der Burg, affiche son intention de réduire de quelque 15 % les effectifs de l’administration centrale à horizon 2035, soit 25 000 postes en moins sur les 160 000 recensés, sachant que la police et la défense sont sanctuarisées. Pas si loin finalement de l’objectif annoncé par la banque néerlandaise Abn Amro, en novembre 2025, d’une baisse de 20 % de ses effectifs. Pour que l’administration soit « plus simple, plus intelligente, plus compacte », le gouvernement de La Haye mise sur l’IA, histoire d’automatiser les tâches répétitives, mais aussi d’aider à trier parmi les normes et les procédures afin d’alléger la bureaucratie, ce qui, par ricochet diminuerait les besoins en personnels. En 2035, 3,5 milliards d’euros d’économies annuelles sont escomptées.

Au Royaume-Uni aussi

Remplacer des agents humains par des agents artificiels, c’est tentant quand le rationnement de la dépense publique, la nécessité de dégonfler le mille-feuille administratif et le vertige de l’IA convergent. Au Royaume-Uni, la secrétaire générale du gouvernement et patronne de la fonction publique, Antonia Romeo, une ancienne consultante du cabinet de stratégie Oliver Wyman, pourrait annoncer en novembre des milliers de suppressions d’emplois de fonctionnaires à cause de l’IA, selon le Financial Times. A ce stade, la France avance avec prudence. Le secteur public, pas plus que le privé, ne peut passer à côté de gains potentiels de productivité. Mais L’IA est à double tranchant. L’utilisation accrue de Claude ou de ChatGPT par les particuliers et les entreprises inonde l’administration de demandes supplémentaires. Doit-elle y faire face en mettant des algorithmes en face des algorithmes ? La numérisation chaotique des services publics a montré par le passé les pièges de l’exercice. Une modernisation qui aboutirait à déresponsabiliser davantage les fonctionnaires serait une catastrophe. Et cela ne manquera pas d’arriver si la seule boussole est de diminuer les coûts, comme l’a prouvé la désastreuse opération commando du DOGE.