Quand le maire socialiste de Paris appelle le gouvernement à adopter le budget 2027 par ordonnances - Les Echos

Par Étienne Lefebvre
L'Assemblée nationale reprend cette semaine l'examen du projet de loi de Finances. Les députés ont déjà largement dénaturé la copie du gouvernement, creusant encore le déficit prévisionnel. Mais personne n'est dupe : la première partie concernant les recettes devrait être rejetée, renvoyant directement l'examen du texte au Sénat. Les députés sont dès lors de moins en moins nombreux à siéger, dans l'attente du choix de l'exécutif entre recours à l'article 49.3 ou recours aux ordonnances pour tenter de faire passer son texte. Si le recours aux ordonnances est jugé brutal, en particulier par la gauche, car cela revient à appliquer le projet de loi de finances initial sans aucun amendement, c'est étonnamment la solution préconisée par le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire. « Il faut aller aux ordonnances ! », a-t-il lancé dimanche soir sur BFMTV. A l'instar des partis de gauche, Emmanuel Grégoire juge certes le budget 2027 « inacceptable ». Avec le 49.3, « on irait de motion de censure en motion de censure », ce qui engendrerait selon lui une séquence délétère et risquée.
Poudre de perlimpinpin
Mais dans le même temps, explique le maire de Paris, « le gouvernement doit prendre l'engagement de présenter une loi ordinaire ou un collectif budgétaire pour compiler les réponses aux demandes sociales. Sinon, on va rester dans le flou total. » De fait, le gouvernement a pris des engagements auprès des lycéens (augmentation du nombre de postes d'enseignants, bourse, etc.), qui doivent se traduire par des amendements au budget 2027. Mais comme l'avenir du texte reste très incertain, « les budgets promis sont de la poudre de perlimpinpin », ajoute l'élu parisien.
Problème de calendrier
Il propose donc à Sébastien Lecornu d'en finir avec le budget, pour mieux le corriger ensuite par le biais d'un nouveau texte à vocation sociale, afin de sortir de l'impasse. Outre la question des lycées, celle du pouvoir d'achat pourrait aussi être abordée, l'exécutif préparant notamment un coup de pouce significatif au SMIC. La proposition d'Emmanuel Grégoire a néanmoins un inconvénient de taille en termes de calendrier. Le recours aux ordonnances n'est possible qu'une fois dépassé le délai de 70 jours de débat sur le projet de loi de finances depuis le dépôt du texte, ce qui renvoie l'échéance à la mi-décembre.