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Primo-maires en Saône-et-Loire : comment gagner la confiance des habitants ? - Les Echos

Les Échos · 04/08/2026 · ← revue

Par Lucile Meunier

Si la politique nationale souffre d'une grande défiance dans l'opinion publique, les maires font figure d'exception : 69 % des Français ont encore confiance en leur maire, selon une étude du Cevipof parue en juillet 2025. Un chiffre stable, en contraste avec les fonctions nationales : seuls 23 % des Français font confiance au président de la République, et 22 % au Premier ministre. Cette relation apaisée avec les citoyens a pu inciter certaines personnalités à s'engager en politique pour la première fois. C'est le cas de cinq maires de Saône-et-Loire, élus à Blanzy, Montceau-les-Mines, Bourbon-Lancy, Marmagne et La Truchère, à qui nous donnons la parole dans cette série d'été. Cyrille Politi, le nouveau maire de Blanzy, a choisi cet échelon pour cette raison. « Le maire reste une fonction concrète, palpable », résume-t-il. Un constat partagé par Guillain Gilliot (Marmagne), devenu maire après avoir été collaborateur parlementaire et chargé de mission au gouvernement. « Le coeur de la fonction réside dans la gestion du quotidien », lance-t-il.

Un idéal de transparence

Pour gagner la confiance des habitants et les fidéliser, les premiers instants à la tête d'une municipalité sont primordiaux. Alors quelle stratégie adopter ? Selon l'étude du Cevipof, la confiance envers les maires « repose prioritairement sur deux critères : l'honnêteté et la capacité à tenir ses engagements ». « Les citoyens apprécient donc en priorité les maires qui ont fait la démonstration de leur exemplarité, devant celles et ceux qui connaissent parfaitement leurs dossiers », résume l'étude. Pascal Seure, le nouveau maire de Bourbon-Lancy, l'a bien compris. Issu de la société civile, cet ancien entrepreneur a fait de cette franchise sa marque de fabrique. « Les citoyens sont surtout déçus par les élus qui leur disent blanc et qui font noir. Je pense qu'en communiquant bien nos projets aux habitants et en partant à leur rencontre, on peut être entendus », lance-t-il.

Un idéal d'horizontalité

Pour maintenir ce lien privilégié, les primo-maires cherchent parfois à déconstruire la verticalité du pouvoir. Olivia Mons, maire du village de la Truchère, essaie de rester la plus accessible possible. « J'ai l'impression de participer à une démocratie qui a les mains dans la terre. On ne dirige pas un village comme on gérerait une institution », observe l'élue. Cette proximité doit être mise au profit de la démocratie participative : selon le Cevipof, 83 % des Français attendent de leur maire qu'il rende public et assure la transparence des débats avant la prise de décision et 74 % d'entre eux veulent un consensus dans la population avant une prise de décision, même si 14 % seulement déclarent participer à la vie locale aujourd'hui. Pour Isabelle Louis, élue à la tête de Montceau-les-Mines, il n'y a pas de fatalité. « Avec mon équipe, nous nous sommes engagés à porter une politique à l'aune de la discussion avec les habitants, en allant au-delà des simples réunions de quartier. On bénéficie pour cela d'un sociologue en interne et d'une adjointe consacrée à la démocratie participative », souligne-t-elle.

Lucile Meunier