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Primo-maires en Saône-et-Loire : à Blanzy, Cyrille Politi veut enterrer l'image du maire omnipotent - Les Echos

Les Échos · 13/08/2026 · ← revue

Par Lucile Meunier

Dans un contexte national marqué par une crise de la représentation politique, 74 % des citoyens exigent que leur maire crée un consensus avant de prendre une décision (Cevipof). Cyrille Politi a fait de cette attente le coeur battant de son projet pour Blanzy, une ancienne cité minière de 6.000 habitants en Saône-et-Loire. S'il endosse ce rôle pour la première fois, l'élu connaît bien les rouages du monde politique. Engagé dès son adolescence contre le Front National, et « fasciné » par la figure de François Mitterrand, Cyrille Politi rejoint le Parti socialiste en 2005, auprès duquel il a milité pendant dix ans. Il a aussi endossé le rôle de conseiller municipal, dans la majorité et au sein de l'opposition de Montceau-les-Mines, une ville voisine de Blanzy. Devenu délégué régional de la Fédération hospitalière de France (FHF), il avait mis en pause ses engagements politiques, mais nourrissait depuis quelque temps une envie de s'engager, cette fois-ci à travers une liste transpartisane, soutenu par l'ancien maire Hervé Mazurek.

Loin des partis politiques

Cette stratégie repose sur un constat assez simple. « Les partis politiques ne parlent plus à la population. La question, c'est plutôt de savoir quels projets on porte concrètement pour la ville », avance-t-il. Pour renouer avec les électeurs, la liste de Cyrille Politi est partie d'une feuille blanche. « On a fait campagne comme dans une métropole. On a conçu le programme en deux mois, grâce au jus de cerveau des habitants qui nous rendaient visite à notre permanence tous les jours. On a gratté une cinquantaine de pages de propositions », précise-t-il. Cette dynamique participative a été amplifiée par une communication plutôt offensive sur les réseaux sociaux. « Les jeunes de l'équipe faisaient nos visuels sur Canva. Sur Instagram, certains contenus ont fait plus de 10.000 vues, c'était assez dingue, on ne s'y attendait pas », s'étonne l'élu.

Introduire de l'horizontalité

Une fois installé au bureau de maire, reste à pérenniser cette fièvre démocratique. Première étape : transformer l'ancien comité de soutien en association chargée de « consulter » les citoyens sur les dossiers structurants. Une commission spéciale va également être créée sur le sujet du handicap. « Chaque projet lui sera présenté », indique-t-il. Enfin, des réunions seront organisées directement dans les quartiers, de manière itinérante. « On fera le tour du quartier avec les habitants pour qu'ils nous parlent des trous dans la route ou des poubelles qui débordent », explique le maire de Blanzy. Convaincu que le rôle de maire réside dans « la gestion des problèmes du quotidien », et bien qu'adhérent à la Fédération progressiste, Cyrille Politi dit vouloir garder un cap transpartisan lors de son mandat municipal. Il a toutefois rejoint la majorité de la communauté urbaine Creusot-Montceau, présidée par Isabelle Louis, maire de Montceau-les-Mines et encartée au PS.

Lucile Meunier