Présidentielle 2027 : « Écouter les Français avant de parler », Bruno Le Maire s’apprête à présenter ses propositions

Présidentielle 2027 : « Écouter les Français avant de parler », Bruno Le Maire s’apprête à présenter ses propositions DÉCRYPTAGE - Malgré des sondages en berne, l’ancien ministre de l’Économie entretient le suspense sur sa candidature à l’élection présidentielle et souhaite s’impliquer davantage.
La liste des candidats à l’élection présidentielle va-t-elle continuer de s’allonger ? Bruno Le Maire, qui entretient le suspense sur ses intentions, s’apprête à s’impliquer davantage dans la campagne. Selon nos informations, il présentera ses propositions jeudi prochain, à Paris. Une quarantaine de personnes ont été conviées, «un échantillon de ses rencontres depuis deux ans, des salariés, des jeunes, des chefs d’entreprise, des sportifs, et des représentants du monde de la culture», confirme son entourage. Quelques élus, parmi lesquels des maires, seront également présents. Pour lui-même ou au service d’une autre personnalité ? Vendredi dernier il louait les compétences de Christine Lagarde, qui s’apprête à quitter la direction de la Banque centrale européenne. Mais les interlocuteurs réguliers de l’ancien ministre de l’Économie observent qu’il n’a pas renoncé à entrer en lice. Malgré une popularité en berne depuis son départ de Bercy nourrie par les reproches des oppositions qui l’accusent d’avoir laissé des comptes publics exsangues. Il y a un an, sa tentative de retour au gouvernement au ministère des Armées avait viré à la crise politique pour Sébastien Lecornu. L’intéressé avait été contraint de renoncer à son maroquin. «Je lui ai dit que ce n’était pas son moment mais il ne l’entend pas», rapporte un macroniste historique qui a conservé des liens avec lui. J’applique toujours la même méthode depuis ma première loi agricole, il y a 16 ans: écouter les Français avant de parler
Bruno Le Maire
Qu’importe. Devant ses convives, Bruno Le Maire détaillera ses réflexions organisées autour de « trois priorités » - la sécurité, la prospérité et l’Europe - pour définir son concept «d’une autre France». Il avait publié un manifeste en août dernier pour opposer un autre récit à ceux avancés par la France insoumise ou le Rassemblement national. «J’applique toujours la même méthode depuis ma première loi agricole, il y a 16 ans: écouter les Français avant de parler», explique Bruno Le Maire, qui fut le ministre de l’Agriculture de Nicolas Sarkozy avant de rejoindre Emmanuel Macron. «Avant de choisir celui ou celle qui portera un projet pour la France, il faut d’abord définir ce projet», insiste-t-on dans son entourage. Il a multiplié récemment les déplacements et réunions publiques discrètes à travers le pays (il en recense 65 depuis son départ du gouvernement). Notamment dans le Morbihan, le 19 octobre dernier, où il a reproché au chef de l’État de ne pas avoir déclenché l’état d’urgence. » LIRE AUSSI - Bruno Le Maire au Figaro : « Nous devons créer une fédération de six États-nations » Son offensive intervient au moment où le bloc central est en proie au doute depuis que les sondages lui promettent l’élimination au premier tour de la présidentielle. «Pour être entendu et crédible auprès des Français», il faut «proposer une transformation radicale de notre modèle économique et politique», entend-on dans l’écurie lemairiste. Il a déjà esquissé plusieurs pistes dans la presse, sur une Union européenne resserrée ou une entrée des enfants en maternelle dès un an après avoir publié un livre remarqué sur les crises internationales, Le temps d’une décision (Gallimard) au printemps dernier.
Primaire du bloc central
L’ex-patron de Bercy n’a jamais fait mystère de son manque d’enthousiasme pour Edouard Philippe, bien que le député des Yvelines Charles Rodwell ait été présent, jeudi à Versailles, au lancement du comité de campagne local de l’ancien premier ministre. » LIRE AUSSI - Bruno Le Maire, un été pour tenter de se faufiler vers la présidentielle Quant à la primaire proposée par Gabriel Attal, il l’observe avec un brin de circonspection. «Tout ce qui permet de rassembler va dans la bonne direction mais si on pense que c’est une mécanique politique qui nous permettra de retrouver des électeurs, nous nous trompons. La seule chose qui permettra de desserrer l’étau entre le RN et LFI c’est la puissance de notre projet», a expliqué sur RTL celui qui a été sèchement battu lors de la primaire de la droite en 2016.