Présidentielle 2027 : Benjamin Huin Morales, maire et architecte du programme de Gabriel Attal

Un haut fonctionnaire surdiplômé (Normale sup, Berkeley, ENA) mais aussi un élu local, maire depuis 2021 de Zimmerbach, village où il a grandi dans le Haut-Rhin. A 34 ans, Benjamin Huin Morales a déjà plusieurs casquettes à son actif. Il en a une de plus depuis la fin de l'année dernière puisque le jeune élu, aux côtés de Grégory Guillaume, est en charge de la coordination du programme présidentiel de Gabriel Attal. Benjamin Huin Morales n'est pas un historique parmi les proches de Gabriel Attal. Il n'est pas de ceux, comme Maxime Cordier, qui l'accompagnent depuis le début de sa vie politique jusque dans sa quête de l'Elysée. Les deux trentenaires se sont rencontrés l'année dernière, à l'occasion d'une visite du candidat en Alsace. Un déjeuner les a placés en face, le courant est passé entre l'édile, élu sans étiquette mais adhérent Renaissance depuis, et celui qui était à l'époque presque candidat. « Son discours m'a plu et je me suis retrouvé dans ses propos. Je partage avec lui sa volonté de proposer un programme de rupture pour le pays », explique aux « Echos » Benjamin Huin Morales. Il a quitté l'Inspection générale des finances au printemps dernier pour se consacrer à 100 % à la campagne. VIDEO - Comment les candidats de la présidentielle financent-ils leurs campagnes ?
Programme de rupture
Pur produit du macronisme - il a été élu député en 2017 puis ministre à plusieurs reprises et enfin Premier ministre -, comptable du bilan du président sortant, Gabriel Attal n'en veut pas moins un programme de rupture. En d'autres termes, faire ce qu'Emmanuel Macron n'a pas fait pendant ses deux quinquennats. Il revendique donc un programme « radical » et propose de tout changer, du système de retraites à l'éducation en passant par la feuille de paie pour permettre aux salariés d'aller vers un « droit au brut ». Plusieurs propositions ont déjà été distillées avant la présentation complète du programme à la fin de l'année. « Il faut un programme radical car le monde a changé. Notre radicalité et nos idées sont bonnes pour la France et sont solides car crédibles sur le fond et enfin optimistes », ajoute le normalien. La construction du programme obéit aux classiques d'une campagne présidentielle. Renaissance a mis en place une quarantaine de groupes de travail thématiques sur les politiques publiques, qui réunissent des élus, des représentants d'associations, des experts ou encore des hauts fonctionnaires. Ils sont placés sous la responsabilité de Grégory Guillaume, en charge du pôle « idées » au sein du parti, et de Benjamin Huin Morales. « Dès qu'on est prêt, on soumet nos idées à Gabriel Attal », précise ce dernier.
Double casquette
Son parcours riche de juge au tribunal d'administratif et d'inspecteur des finances d'une part et de maire de l'autre lui est plus qu'utile, assure-t-il. D'un côté, la macro et les grands équilibres, de l'autre, sa traduction sur le terrain. « Cette double casquette me donne une double vision, à la fois macro et très concrète. C'est très important pour moi d'entendre ce que disent les Français sur le terrain. Ce que j'entends au quotidien à Zimmerbach me sert », ajoute Benjamin Huin Morales. L'élu a des sujets de prédilection, comme la réforme territoriale. « A Zimmerbach (Haut-Rhin), ma secrétaire de mairie consacre un tiers de son temps de travail à se repérer dans le labyrinthe des instances administratives qui partagent avec nous un bout de compétences sur des sujets comme l'éducation, l'eau et l'assainissement, la sécurité, la santé, la culture, le logement, l'agriculture », a-t-il confié l'année dernière dans une tribune publiée par « Le Monde ». La réforme territoriale, et plus largement l'efficacité dans l'action publique, est le grand trou dans la raquette du bilan d'Emmanuel Macron. L'inspecteur des finances porte aussi les ambitions du candidat en matière de redressement des finances publiques, alors que les économistes mandatés par Bercy estiment qu'il faudra un effort de 125 milliards d'euros lors du prochain quinquennat pour stabiliser la dette. Il revendique un plan prêt - comme le départ de 100.000 fonctionnaires ou une année blanche sur les prestations sociales en 2028 - quitte à déplaire aux électeurs pour ramener les finances publiques à l'équilibre en dix ans.
DANS LE PROCHAIN EPISODE
Pierre Danon, grand patron et tête pensante de Bruno Retailleau pour la présidentielle Retrouvez tous les épisodes de notre série « Dans la fabrique des programmes présidentiels »