Parcs, commerces, désenclavement…ces élus locaux qui se démènent pour casser l'image d'une cité-dortoir - Les Echos

Par Hugo Robert
Pour casser l'image de la cité-dortoir, dont on ne sort que pour aller travailler en voiture dans une ville voisine, ou faire ses courses au centre commercial, les communes pavillonnaires tentent de recréer des dynamiques et rapprocher l'emploi. Dans le Val-d'Oise, de nombreux maires de communes pavillonnaires retroussent leurs manches pour créer de nouvelles centralités et proposer de services à leur population. Pour les villes historiquement dépendantes de la voiture, la hausse des prix du carburant et la volonté de limiter les déplacements a conduit à un changement de paradigme. La revitalisation des centres-villes, des quartiers de gare et des friches industrielles est devenue la matrice de leur développement.
Nouvelles centralités
On observe particulièrement ce phénomène à Cormeilles-en-Parisis, commune résidentielle de 27.000 habitants au coeur du Val-d'Oise. Depuis plus d'une dizaine d'années, la ville a tourné le dos au logement individuel et met ses efforts vers la création de quartiers collectifs où l'on retrouve à la fois les transports en commun, les commerces et les services publics. Résultat: entre 2012 et 2023, la part de maisons individuelle dans l'ensemble des logements est passée de 58% à 51% selon l'Insee. Lors de la campagne électorale, un nouveau quartier a été annoncé autour de la gare et un appel à manifestation d'intérêt (AMI) vient d'être lancé. « Pour faire vivre les commerces de centre-ville il faut déjà que des gens habitent ici. Le quartier de la gare est historiquement le moins dense de la ville », constate Yannick Boëdec, le maire de la commune et président de la communauté d'agglomération Val Parisis. Dans cette intercommunalité résidentielle, les pôles gares se transforment tour à tour. Celui de Sannois va ainsi faire de la place aux entreprises. Montmorency, de son côté, se démène pour relancer son commerce de proximité. La commune, bordant le massif forestier éponyme, a récemment repris la main sur son marché de plein air pour donner un nouvel élan. A Taverny, la commune mise aussi sur la rénovation et l'attractivité de sa halle de marché, mais aussi les nouveaux aménagements de parcs pour offrir des espaces de rencontre partagés à l'extérieur des jardins individuels.
Rapprocher l'emploi
Pour réduire l'usage de la voiture, qui a accompagné l'explosion du modèle pavillonnaire, les intercommunalités - qui ont la compétence économique - essaient de faire davantage de places aux les entreprises locales. C'est le cas dans l'agglomération Plaine Vallée composée de 18 communes (Enghien-les-Bains, Soisy-sous-Montmorency, Deuil-la-Barre…). Très résidentielle, elle voit la très grande majorité de ses actifs,- notamment des cadres intermédiaires - prendre la voiture pour aller travailler à Paris, à la Défense et à Roissy. Avec un ratio de 0,5 emploi par habitant, l'agglomération se situe en dessous de la moyenne du département et ses 0,63 emploi par habitant. Pour inverser la tendance et limiter les déplacements, l'agglomération densifie et étend des zones d'activités. Avec l'opération des « Monts du Val-d'Oise », l'intercommunalité requalifie une friche industrielle pour créer un parc d'activités de 34.000 m2 et générer plus de 1.500 emplois.