« On peut aménager et équiper la ville avec astuce ! » : le nouveau maire de Sommières innove malgré des finances contraintes

Par Hubert Vialatte
« Je ne suis pas un politique, et ne suis donc pas dans les petits papiers d'un parti. » Stéphane Porret, professionnel de l'immobilier, est resté expert de justice en bâtiment et construction près de la cour d'appel de Nîmes. Il imprime sa méthode depuis son arrivée en mars dernier aux commandes de Sommières, commune gardoise de 5.100 habitants. Une ville qui, selon lui, assume des « charges de centralité » pour un bassin de vie de 29.000 habitants, avec une fréquentation provenant aussi de l'Hérault et une forte activité touristique. Parmi ses premières actions figure la réouverture du château du XIIe siècle, fermé jusqu'alors, le fleurissement de la ville « pour seulement 1.000 euros, en utilisant les serres municipales », ainsi qu'une intervention sur les arènes. Le sable, jugé inadapté aux courses camarguaises, a été remplacé. « Moi, j'étudie, je prends des spécialistes, on analyse et on avance », résume l'élu. Autre chantier : la transformation de la place du Marché, juste à côté de la mairie. La municipalité va supprimer le stationnement et reprendre le revêtement en pavés. Dans le village, le maire souhaite créer des îlots de fraîcheur, pour adapter la ville aux vagues de chaleur estivales. La rénovation du château et la mobilisation du Département du Gard pour consolider le pont Tibère figurent également parmi ses priorités.
Pas de marge de manoeuvre financière, mais des solutions « avec astuce »
Avec des finances publiques asséchées - « pour 2027, nous n'avons aucune marge de manoeuvre » -, l'élu entend rechercher les financements de la Région Occitanie, de l'Agence de l'eau, de l'Ademe, du Département, de la Banque des Territoires… « Chaque action doit être éligible à des subventions. On peut aménager et équiper Sommières avec astuce », sourit l'ancien élu d'opposition. Il a aussi stoppé la vente de biens communaux pour privilégier leur remise en état et leur location. L'ancienne école Jules-Ferry va ainsi rester dans le patrimoine municipal. Des appartements communaux laissés vacants doivent également être rénovés pour générer des loyers récurrents. Stéphane Porret a parallèlement repris en main le dossier d'un projet immobilier de 10 hectares, susceptible d'accueillir à terme environ 1.000 habitants et 300 logements. Une délibération a été retirée afin de rouvrir les discussions avec l'opérateur immobilier Angelotti (Nexity) sur de nouvelles bases financières et programmatiques. « C'est le dernier grand terrain constructible de Sommières. Il faut des logements modérés, phasés, avec 25 % de social, et éviter de créer un deuxième Sommières avec un clivage », défend-il. Le PLU doit lui aussi être retravaillé « selon une granulométrie bien plus fine », avec une attention accrue au ruissellement, aux réseaux, aux risques d'incendie et de chute de blocs ainsi qu'à la faune et la flore. Cette approche trouve un prolongement à l'EPTB Vidourle, dont il a pris la présidence au printemps. « Comment dissocier les crues du Vidourle de Sommières ? C'est impossible », estime-t-il. Le PAPI 3 est en cours de mise en place, tandis qu'une phase d'études porte sur un dispositif de protection entre Quissac et Sommières, avec des travaux envisagés lors du mandat suivant.