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«On est déçu», l’amertume des maires de villages qui espéraient un geste financier du Tour de France après l’étape raccourcie en Corrèze

Le Figaro · 10/08/2026 · ← revue

«On est déçu», l’amertume des maires de village qui espéraient un geste financier du Tour de France après l’étape raccourcie en Corrèze Les communes rayées du tracé après le raccourcissement de la neuvième étape en pleine canicule espéraient une aide financière de la part des organisateurs. Ils n’ont pas été entendus.

Pour la première fois de son histoire le 12 juillet dernier, le Tour de France a été contraint de raccourcir d’une trentaine de kilomètres le tracé d’une étape, entre Malemort et Ussel, en raison de la canicule et afin de préserver la santé des coureurs. Une modification de dernière minute qui a fait le désespoir de plusieurs villages se tenant prêts pour la grande fête du passage du peloton. Toutes les animations avaient été annulées la veille de l’événement.

2200 euros de frais engagés par Collonges-la-Rouge

À l’initiative du conseil départemental de la Corrèze et de son président Pascal Costes, les huit communes oubliées par le nouveau tracé de cette étape avaient fait une liste des frais. Ceux-ci avaient été transmis à Amaury Sport Organisation (ASO), qui organise l’épreuve, avec le mince espoir d’un petit geste financier. Rappelons que seules les communes qui accueillent les départs et les arrivées versent une somme d’argent à ASO. «On ne comprenait pas, nous n’avions même pas reçu une lettre d’excuse de la part des organisateurs», explique au Figaro ce lundi Michel Charlot, le maire du pittoresque village de Collonges-la-Rouge avant d’ajouter : «Et vendredi, nous avons reçu une lettre de monsieur Christian Prudhomme, le patron du Tour de France, qui explique sa décision de raccourcir l’étape mais qui ne mentionne pas l’idée de rembourser des frais aux communes.»

On est un peu déçu, forcément

Michel Charlot, maire de Collonges-la-Rouge

Pour le maire du village de 478 habitants qui espérait un coup de pouce, le coup est rude. «On est déçu, forcément. Nous avions engagé 2200 euros, ce qui représente moins d’un pour cent de notre budget à l’année mais ce n’est rien en comparaison de l’immense déception des enfants de l’école qui avaient préparé des choses, des gens du village et des commerçants qui eux, avaient stocké beaucoup. Nous avions fait un très mauvais début de saison touristique et pour eux, c’était l’occasion de se refaire un peu.» » LIRE AUSSI - Tourisme, commerces... Le Tour de France est-il une bonne affaire pour les villes étapes ? Comme d’autres maires de communes rayées de la carte du tracé, Michel Charlot considère qu’une solution médiane aurait pu être trouvée pour contenter tout le monde. «La veille de l’étape, une équipe de jeunes filles de Brive qui s’appelle Les Ailes du vélo avaient réussi à passer à leur rythme dans le village. On aurait très bien pu imaginer que le Tour de France conserve son tracé initial et demande aux coureurs de rouler en mode échauffement avant le vrai départ. Au moins, les gens auraient vu le peloton et la caravane...», explique l’édile.

Meyssac oublié par les caméras de l’hélicoptère

La déception est présente mais Michel Charlot veut aller de l’avant. Collonges-la-Rouge a au moins eu la chance de passer à la télévision lors de la retransmission. Tout le monde n’a pas eu ce privilège. «On n’a même pas eu droit à l’hélicoptère qui nous filme à Meyssac», regrette l’élue Stéphanie Ciscard se confiant à Ici Limousin.

On n’a pas envie de jouer les Don Quichotte face aux moulins

Michel Charlot

À Collonges-la-Rouge, on souhaite désormais tourner la page de ce triste rendez-vous manqué. «On n’a pas envie de jouer les Don Quichotte avec les moulins. L’organisation ASO est une énorme machine, très loin de nous et qui prépare également beaucoup d’autres courses. On a eu cette lettre de Monsieur Prudhomme pour nous dire "Je tiens à vous apporter ces précisions." Voilà, c’est terminé !», conclut le maire qui rêve de revoir passer un jour le grand barnum du Tour de France : «Bien sûr, on aurait aimé un petit geste mais on espère qu’un jour, le Tour revienne parmi nous car ce serait une formidable exposition.» La balle est dans le camp d’Amaury Sport Organisation.