Mort de François Patriat : la République perd « l’un de ses plus infatigables artisans », déclare Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a salué, mercredi 19 août, la mémoire du président du groupe macroniste au Sénat, François Patriat, mort à l’âge de 83 ans. « La Côte-d’Or et la Bourgogne perdent l’un de leurs plus fidèles serviteurs. La République, l’un de ses plus infatigables artisans. Pour ma part, je perds un ami cher », a écrit le chef de l’Etat sur X. Ancien socialiste, secrétaire d’Etat au commerce, puis ministre de l’agriculture du gouvernement de Lionel Jospin entre 2000 et 2002, François Patriat fut l’un des premiers à rejoindre Emmanuel Macron avant son élection en 2017. Son groupe parlementaire, le Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI) a annoncé sa mort, mercredi, à l’Agence France-Presse (AFP). « Ce mercredi 19 août, François Patriat, sénateur de la Côte-d’Or, président du groupe RDPI, ancien président de la région Bourgogne, ancien ministre, est décédé à l’hôpital de Dijon, des suites d’un grave accident de vélo survenu le 17 juillet dernier », a précisé à l’AFP le RDPI.
« Dévouement, bienveillance et intelligence »
« Pendant plus de trente-cinq ans, il aura servi ses territoires, la Bourgogne qu’il aimait tant, le Sénat et la République au gouvernement avec la même passion, la même énergie et cette chaleur humaine que tous ceux qui l’ont croisé lui connaissaient », a écrit pour sa part le premier ministre, Sébastien Lecornu, sur X également. Présent au lancement du parti En marche ! en 2016, indéfectible soutien du chef de l’Etat, il avait créé en 2017 le groupe macroniste au Palais du Luxembourg, où il siégeait depuis 2008 après une longue carrière de député de la Côte-d’Or, puis à la présidence de la région Bourgogne. François Patriat avait annoncé en juin qu’il ne se représenterait pas lors du renouvellement partiel du Sénat en septembre. « La République perd aujourd’hui l’un de ses serviteurs les plus fidèles, et la Bourgogne, l’un de ses enfants les plus engagés. François Patriat a dédié sa vie à l’intérêt général, défendant ses convictions sans renoncer à sa liberté et son franc-parler », a déclaré le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal. « Sa vie entière, il aura servi les Français avec dévouement, bienveillance et intelligence », a de son côté rappelé sur X la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé.
« Un élu particulièrement investi »
« Dans un monde politique tellement formaté et corseté, il était vivant et ne cédait rien de la vie », a commenté l’ancien premier ministre François Bayrou. « Son parcours politique national exceptionnel ne l’avait jamais écarté de sa chère Bourgogne », a souligné son homologue président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, quand le groupe centriste de la Chambre haute a rendu hommage à un « élu de terrain » et un « président de groupe dynamique et engagé ». A droite, le président (Les Républicains) de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a salué un « député, sénateur, secrétaire d’Etat puis ministre de l’agriculture, [qui] aura marqué la vie politique française par son expérience, son esprit libre et une parole qui comptait ». « La République et le Sénat perdent un élu particulièrement investi dans le travail parlementaire comme dans son département », a souligné le président du Sénat, Gérard Larcher, en rendant hommage à « un collègue et président de groupe chaleureux, engagé, amical, dont les expressions marquantes manqueront à nos réunions ». L’ancien ministre et ancien maire de Dijon François Rebsamen, candidat aux sénatoriales, a fait part de son « immense tristesse » de la perte d’un « ami ». François Patriat était « fidèle » aux « femmes et aux hommes qu’il choisissait d’accompagner, de Michel Rocard à Emmanuel Macron, avec une liberté de jugement qui ne l’a jamais quitté », a-t-il ajouté, « reconnaissant pour tout ce qu’il a apporté à Dijon et à sa métropole ».