Revue de presse

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Marie Gautier-Melleray nommée à la tête de la direction générale des collectivités locales

Le Monde · · ← revue

Le poste était vacant depuis le départ, fin juin, de Cécile Raquin, qui a rejoint le groupe immobilier Nexity en tant que secrétaire générale. Selon les informations du Monde, c’est la maîtresse des requêtes au Conseil d’Etat Marie Gautier-Melleray qui lui succédera à la tête de la direction générale des collectivités locales (DGCL). Sa nomination a été actée en conseil des ministres jeudi 9 juillet. Elle est la deuxième femme à diriger cette administration chargée, notamment, de l’attribution des concours financiers de l’Etat aux collectivités, des compétences des échelons locaux ou encore des agents de la fonction publique territoriale. Née en 1972, docteure et agrégée en droit public, Marie Gautier-Melleray occupait depuis novembre 2024 les fonctions de préfète, secrétaire générale aux politiques publiques de la préfecture de la région Ile-de-France. Avant cela, elle fut conseillère entre 2018 et 2020 des deux présidents de l’Assemblée nationale, François de Rugy, puis Richard Ferrand. La haut fonctionnaire a rejoint par la suite le ministère de l’intérieur comme déléguée interministérielle à la sécurité routière jusqu’en octobre 2022. Une Place Beauvau qu’elle n’a pas quittée puisqu’elle y fut ensuite, et jusqu’à l’automne 2024, la directrice adjointe du cabinet du ministre de l’intérieur d’alors, Gérald Darmanin.

Revendications décentralisatrices

La tâche qui l’attend à la tête de la DGCL ne s’annonce pas simple au vu des relations toujours particulièrement tendues entre l’exécutif et la sphère locale. Sur le plan financier, tout d’abord, Marie Gautier-Melleray aura à faire passer aux élus locaux la pilule des futurs arbitrages du budget 2027, qui devraient de nouveau les mettre à contribution. L’effort de redressement des comptes publics « doit être collectif », a déjà prévenu le gouvernement en pointant un « risque de dérapage » de 2 milliards d’euros sur les collectivités. Une lecture contestée par les associations d’élus, qui attribuent, au contraire, la dégradation de cette situation financière aux décisions prises par l’Etat. Dans leur viseur notamment : la hausse de la contribution des collectivités à la caisse de retraite des fonctionnaires territoriaux. Au-delà de ces enjeux financiers, la nouvelle DGCL devra composer avec les revendications décentralisatrices persistantes des élus locaux. Le « nouvel acte de décentralisation » promis par le premier ministre, Sébastien Lecornu, ne s’est pas concrétisé à ce stade, hormis quelques avancées sur la question du logement. Présenté mi-mai, le projet de loi « Etat local » – qui devait porter initialement cette ambition – ne contenait effectivement aucune mesure de décentralisation et restait centré sur le renforcement des pouvoirs des préfets. Une perspective rejetée par la sphère locale, qui y voyait, au contraire, un « mouvement de recentralisation ». Sous pression, l’exécutif a finalement retiré ce texte de l’ordre du jour du Sénat, où l’examen devait commencer début juillet. L’exécutif assure pour autant ne pas vouloir l’abandonner. La fenêtre de tir est néanmoins très restreinte. Quelle que soit son issue, Marie Gautier-Melleray aura, dans tous les cas, à naviguer dans un climat qui s’annonce une nouvelle fois tendu avec la sphère locale.