Revue de presse

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Maison de l’Argentine : la Mairie de Paris demande au Quai d’Orsay d’enquêter sur son nouveau directeur lié à l’extrême droite

Le Monde · 21/08/2026 · ← revue

Les élues de la Ville de Paris chargées de l’université, Mélody Tonolli, et des relations internationales, Audrey Pulvar, demandent au ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, « une enquête sur la gestion et le fonctionnement de la Maison de l’Argentine », dans une lettre envoyée le 30 juillet, que l’Agence France-Presse (AFP) a pu consulter. Ce haut lieu de diffusion culturelle et scientifique est au cœur de polémiques depuis que le gouvernement de Javier Milei a nommé l’avocat franco-argentin Santiago Muzio à sa direction. La Cité internationale universitaire de Paris (CIUP) est un immense campus situé dans le sud de Paris qui accueille chaque année 12 000 étudiants, chercheurs et artistes de 150 nationalités dans 47 maisons, dont celle de l’Argentine, selon son site Internet. Dans ce courrier, Mmes Tonolli et Pulvar expriment leur inquiétude face aux « décisions d’évictions » de « plusieurs résident·e·s » de la Maison de l’Argentine « sans solution pérenne de relogement pour la rentrée ». Elles déplorent, en outre, le retrait d’une plaque commémorative consacrée aux 30 000 disparus de la dictature argentine. « Nous déplorons par ailleurs que soient autorisées (…) des réunions diffusant des idéologies d’extrême droite, négationnistes, porteuses de haine et de discriminations », écrivent-elles. Si de tels faits étaient avérés, ils seraient « de nature à entraîner une ferme protestation de la Ville de Paris », soulignent-elles.

Refus de signer la charte des valeurs de la Cité universitaire

Santiago Muzio a pris la tête de la Maison de l’Argentine en 2024, après avoir dirigé, à partir de 2020, l’antenne de Madrid de l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques, université privée fondée par la députée européenne d’extrême droite française Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen. Cette dernière est candidate à l’élection présidentielle de 2027 en France. Depuis, cette résidence, créée en 1928, s’est retrouvée au cœur de plusieurs polémiques. Son directeur a refusé de signer la charte des valeurs de la CIUP, qui interdit notamment les discriminations fondées sur le genre ou l’orientation sexuelle. La lettre demande ainsi l’intervention du gouvernement français « auprès des autorités argentines afin de leur rappeler fermement la nécessité de respecter les valeurs républicaines et les règles » de la CIUP, en particulier des principes de neutralité, de pluralisme, de liberté académique et de non-discrimination, a expliqué à l’AFP la Mairie de Paris. Contactés par l’AFP, ni le ministère des affaires étrangères, ni le ministère de l’enseignement supérieur, ni la Maison de l’Argentine et son directeur n’avaient réagi dans l’immédiat.