Les menaces sur le maire d'Alès, «des atteintes particulièrement ...
Les menaces sur le maire d’Alès, «des atteintes particulièrement graves au fonctionnement de nos institutions démocratiques» Le parquet national anticriminalité organisée a confirmé s’être saisi des investigations liées aux menaces de mort reçues par Christophe Rivenq et émanant de la «DZ Mafia». Les auteurs des faits sont activement recherchés.
Près d’une semaine après la découverte d’un courrier menaçant et signé de la «DZNG» au domicile du maire d’Alès, l’affaire a pris un tournant national. Outre les soutiens émanant d’une majeure partie de la classe politique à Christophe Rivenq (LR), les institutions françaises ont fait bloc. Alors que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, confirmait ce mardi que des «actes d’intimidation» visaient l’édile LR, le parquet national anticriminalité organisée (Panco) affirme ce mercredi matin que ces faits forment un dangereux précédent. «Les menaces, intimidations ou violences visant des élus de la République constituent des atteintes particulièrement graves au fonctionnement démocratiques», soutient la procureure nationale anti-criminalité organisée, Vanessa Perrée, dans un communiqué.
«Les faits ainsi commis à l’encontre du maire d’Alès, engagé dans la lutte contre les phénomènes de narcotrafic affectant son territoire, appellent une réponse judiciaire déterminée en lien avec les services d’enquête saisis. Les investigations se poursuivent afin d’identifier les auteurs, et de permettre une réponse pénale à la hauteur de la gravité des faits», poursuit la magistrate, évoquant la participation de «possibles groupes criminels organisés».
Un «projet d’action violente» détecté lundi
Le Pnaco avait indiqué mardi après-midi s’être saisi de «l’ensemble des faits de menaces» commis à l’encontre de l’édile des Républicains, «après échanges étroits avec la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille», qui avait elle-même pris la suite du parquet d’Alès saisi en flagrance à la découverte du courrier signé de la «DZ Mafia» dans la boîte aux lettres de l’élu. Les investigations ont été ouvertes pour «menace, violence ou acte d’intimidation envers un élu public pour qu’il accomplisse ou s’abstienne d’accomplir un acte de son mandat», «menace de mort ou d’atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l’encontre d’un élu public» et «participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime aggravé par la commission en bande organisée». La direction nationale de la police judiciaire (DNPJ), l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) et les directions zonales de la police nationale (DZPN) ont été saisis du dossier, extrêmement sensible. Outre le courrier menaçant reçu à son domicile, deux balles de calibre 9 mm se trouvaient à l’intérieur de la lettre. Des tags menaçants ont également été retrouvés sur les murs de sa propriété. Si l’implication de la DZ Mafia reste à prouver par l’enquête - l’hypothèse d’une «poussette», c’est-à-dire de l’usurpation de l’identité du gang, n’étant pas à exclure - l’apparition de l’organisation criminelle dans le Gard est clairement documentée par les services de police judiciaire.
Lundi dans la soirée, le maire, qui avait initialement refusé toute protection personnelle, a été exfiltré «en urgence» de chez lui par le Raid. Selon le ministre de l’Intérieur, les services de renseignement ont détecté la probable préparation d’un «projet d’action violente» à l’encontre de Christophe Rivenq. «La réalisation de cette action était imminente», a fait savoir Laurent Nuñez. L’élu est depuis surveillé «24 heures sur 24» par les policiers d’élite.