Les élections sénatoriales 2026, un scrutin particulier pour les nouveaux élus : « Je suis fière de participer à cet exercice démocratique »

Qui sont les 93 469 grands électeurs qui voteront aux élections sénatoriales le 27 septembre ? Des députés, des membres des conseils régionaux et départementaux, mais surtout des conseillers municipaux, qui constituent 95 % du corps électoral. Certains nouvellement élus lors des dernières élections municipales de mars votent pour la première fois à ces élections particulières. « C’est une découverte, je suis fière de participer à cet exercice démocratique », confie Maëlle Thivat, conseillère municipale déléguée (Renaissance), chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, à La Rochelle. A 25 ans, elle est également référente des Jeunes en Marche dans son département. Le Sénat se renouvelle par moitié tous les trois ans. Cette année, 178 sénateurs des circonscriptions de la série 2 sont concernés : l’Ain, l’Indre, le Territoire de Belfort ou encore la Charente-Maritime, où vote Maëlle Thivat. Cette élection au scrutin indirect s’accompagne d’une campagne atypique et discrète, où meetings et tractages ne sont pas de mise. « Pour l’instant, la campagne, on ne la voit pas », explique la conseillère municipale. Elle indique n’avoir encore rencontré aucun candidat ni reçu aucune profession de foi. En Alsace aussi, la campagne débute doucement, au rythme du mois d’août. « Les sénatoriales restent assez floues, c’est dommage pour nous, les nouveaux électeurs », regrette Tom Paulus, 21 ans, maire (sans étiquette) de Niederschaeffolsheim (Bas-Rhin). Plus jeune édile alsacien, il a néanmoins déjà rencontré les sénatrices sortantes Elsa Schalck (Les Républicains, LR) et Laurence Muller-Bronn (apparentée LR). Jean-François Delanoue, candidat (Rassemblement national) et conseiller municipal à Wissembourg, a également fait le déplacement. « J’attends de voir tous les candidats et j’espère que la campagne va s’intensifier en septembre », assure le maire.
« Entre-soi »
Tom Paulus fait partie des élus qui voteront avec deux membres de leur majorité. En effet, le nombre de grands électeurs varie en fonction de la taille de la commune. Dans celles de moins de 9 000 habitants, des délégués sont désignés. Au-delà, l’ensemble du conseil municipal participe au vote, auquel s’ajoutent, dans les villes de plus de 30 000 habitants, des délégués supplémentaires choisis parmi les citoyens. Rayan Ould, 22 ans, maire (sans étiquette) de Flesselles (Somme) a, lui, reçu tous les parlementaires sortants. « La campagne a bien commencé de notre côté », confirme l’étudiant en droit public à l’université de Picardie. Il a pu prendre contact avec Rémi Cardon (Parti socialiste), Stéphane Demilly (Union centriste) et Laurent Somon (LR). « Je suis sans étiquette, donc je me dois de recevoir tout le monde. » Pour le jeune élu, le bilan des sénateurs sortants sera décisif : « Je leur ai demandé de me rédiger un compte rendu de ce qu’ils ont réalisé ces six dernières années, certains me l’ont déjà envoyé. » Les sénatoriales donnent une obligation particulière à ces grands électeurs, comme le souligne Thierry Coupelant, 58 ans, 2e adjoint (divers gauche) à la mairie d’Audierne (Finistère). Cet autoentrepreneur originaire de Bretagne occupe pour la première fois une fonction politique. « Le Sénat est l’une des chambres du Parlement et on endosse la responsabilité des autres citoyens qui ne peuvent pas voter », reconnaît-il. « Ce n’est pas la première chose à laquelle j’ai pensé lorsque j’ai été élue, mais je suis ravie d’avoir ce rôle supplémentaire qui me permet de peser sur la désignation des représentants des collectivités territoriales », considère Lola Escorsa, conseillère municipale (LR) à Caluire-et-Cuire (Rhône). Si elle siège aussi pour la première fois, elle n’est pas étrangère à la vie publique et s’est toujours intéressée au Sénat : « Mon parcours a toujours tourné autour de la politique. J’ai travaillé comme collaboratrice parlementaire à l’Assemblée nationale, j’ai vécu la dissolution », raconte-t-elle. Ces grands électeurs saluent leur nouveau devoir et leur arrivée dans le corps électoral pour les sénatoriales. « Cela diminue le risque du petit cercle d’entre-soi qui peut exister chez les élus locaux », loue Thierry Coupelant. « Peut-être que nous, nouveaux votants, nous allons apporter un vent de jeunesse », plaide Tom Paulus, qui regrette qu’il ne soit pas possible d’entrer au Sénat avant 24 ans. Un souhait à nuancer : la physionomie du Sénat, avec des parlementaires plutôt âgés et appartenant à la majorité de centre droit, ne devrait pas drastiquement changer après les élections.