Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Le mouvement des lycéens met l'Assemblée nationale en ébullition

Les Échos · 06/10/2026 · ← revue

Par Grégoire Poussielgue, Hadrien Valat

On ne peut pas être au four et au moulin, à l'Assemblée nationale et dans la rue pour manifester aux côtés des lycéens. Les rangs des députés La France insoumise (LFI) étaient plus que clairsemés ce mardi après-midi à l'Assemblée nationale, pour la première séance de questions au gouvernement de la session parlementaire, nombre de députés défilant aux côtés des lycéens. Pour interpeller le gouvernement, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon avait envoyé la présidente du groupe, Mathilde Panot, et le « Monsieur lycée » de LFI, Louis Boyard. Le ton a été rapidement donné. Se faisant le porte-voix des lycéens, la représentante des Insoumis a vivement dénoncé les violences policières et l'absence de réponses de l'exécutif aux revendications des lycéens. Elle a accusé le gouvernement de « brutaliser les enfants », d'être « la honte de la France » et demandé à Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, de démissionner après qu'un adolescent a eu la main arrachée par une grenade de désencerclement à Lens.

Un ton virulent

Réponse du berger à la bergère du Premier ministre, qui a été tout aussi virulent et insisté sur la relation « ambiguë » de LFI avec la violence. « Pourquoi le député Raphaël Arnault, qui a été condamné pour violences en réunion, dont les deux assistants parlementaires ont été placés en détention pour meurtre du jeune Quentin, est toujours membre de votre groupe. Pourquoi le maire de Saint-Denis [Bally Bagayoko, NDLR] a-t-il légitimé la violence ? Pourquoi Monsieur Mélenchon a été condamné pour rébellion lors d'une perquisition menée par l'autorité judiciaire ? », lui a-t-il lancé, sous les applaudissements de tous les députés sauf ceux de la gauche. Sans surprise, au moment où les manifestations s'élançaient dans plusieurs villes de France - elles ont rassemblé 256.000 lycéens selon le ministère de l'Intérieur, 450.000 selon les organisateurs - la grogne s'est invitée au Palais-Bourbon. Sans surprise, la séance a été tendue, adoptant dès les premières minutes un ton virulent. D'un côté, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a dénoncé un « débat public inondé de contrevérités » et une « banalisation de la violence qui n'est pas acceptable ». Dans cette confrontation, au moment où le mouvement peut dégénérer à chaque instant, chacun cherche à imposer son récit. « Dire que c'est la faute de LFI, c'est du complotisme. On n'a pas changé de discours. Nous, on veut un mouvement large, pacifique. Pour être massif il doit être non violent, sinon ça fait peur à des gens qui voulaient se mobiliser », dénonce Manuel Bompard, coordinateur national de LFI. Sur X, le même a estimé que la stratégie de « pourrissement » du gouvernement était un « échec ».

Le RN engrange

A l'extrême droite du Perchoir, les députés du Rassemblement national (RN) se sont frotté les mains. L'exécutif est mis en difficulté par ce brusque accès de fièvre auquel il peine à répondre après près de dix ans de macronisme, LFI est accusé de soutenir la violence. Comme il tente de le faire depuis de nombreuses années, le RN estime incarner le calme et l'ordre. « Qu'avez-vous fait de la France ? […] Ce mardi, votre gouvernement, qui n'a rien anticipé, rien vu venir, rien préparé, rien prévu est pris comme un lapin dans les phares d'une voiture. Votre responsabilité est immense et votre échec est global », a taclé le député RN Sébastien Chenu. Conclusion en forme d'aveu d'un député Modem. « J'ai parfois l'impression qu'on avait oublié qu'il y avait une jeunesse dans ce pays, alors même qu'on a fait de grands efforts pour cette jeunesse durant les années précédentes », n'a pu que déplorer ce mardi le centriste Erwan Balanant.

Grégoire Poussielgue et Hadrien Valat