Le maire RN de Montargis démissionne, quatre mois seulement après son élection

Côme Dunis, maire Rassemblement national (RN) de Montargis (Loiret) depuis mars, a mis un terme à la rumeur qui bruissait depuis quelques jours en annonçant sa démission, mercredi 5 août. Quatre mois après avoir ceint l’écharpe tricolore, l’ancienne figure médiatique du mouvement des « gilets jaunes » explique se retirer après qu’« un problème de santé qui mérite désormais toute [son] attention » lui a été diagnostiqué. « Cette décision est, sans aucun doute, la plus difficile de ma vie », écrit-il dans un communiqué. Il envisage de continuer à siéger au sein de l’assemblée locale comme simple conseiller. Dans ce texte, le maire de 36 ans n’en dit pas plus sur les raisons de cette démission qui clôt une période de cent vingt-neuf jours passés aux affaires depuis la triangulaire victorieuse du 22 mars, jour du second tour des élections municipales. Elu avec 34,64 % des voix, soit seulement 59 voix d’avance sur la liste d’union de la gauche et 91 de plus que le maire sortant Les Républicains Benoit Digeon, Côme Dunis, et sa liste « Aimer Montargis », avait mis fin à vingt-cinq années d’hégémonie de la droite dans cette sous-préfecture de 15 000 habitants. Son renoncement et les turbulences qu’il laisse augurer font figure de test politique pour les représentants locaux du parti de Jordan Bardella, désormais orphelins de leur chef de file. La majorité municipale a d’ores et déjà fait savoir qu’« une candidature unique » émergerait de ses rangs, une stratégie destinée à amoindrir les risques d’une guerre de succession. Une indiscrétion, révélée par nos confrères de La République du Centre, laisse entendre que l’adjoint chargé de la sécurité, Dominique Coquelle, serait pressenti.
Cure d’austérité
L’élection du nouveau maire par le conseil municipal devrait intervenir le 7 septembre. Si le fauteuil semble acquis au successeur intronisé en interne (le groupe majoritaire dispose de 23 des 33 sièges), la tâche du futur édile pourrait s’avérer complexe, car les premiers mois du RN à la tête de la ville ont été émaillés de polémiques. Tout juste installé, Côme Dunis avait fait voter une hausse conséquente de ses indemnités de premier magistrat, le 7 avril. Ses émoluments mensuels avaient grimpé à 2 705 euros bruts, contre un peu moins de 1 500 euros octroyés jusqu’alors à son prédécesseur, Benoit Digeon. Une augmentation de plus de 80 % qui avait nourri les critiques dans une ville où un tiers des habitants vit sous le seuil de pauvreté. La décision avait pu être mal comprise alors que le maire RN avait rapidement posé, dans la foulée, les jalons d’une cure d’austérité pour les finances municipales, arguant d’une situation délicate héritée de la majorité précédente. Les économies envisagées au conservatoire de musique et de danse – des coupes budgétaires de 120 000 euros ont été évoquées mais réfutées par le maire démissionnaire – ainsi que la suspension de deux projets emblématiques lancés en fin de mandat par l’ancienne municipalité avaient également exacerbé les crispations : le pôle éducatif, comprenant une école maternelle et une crèche dans le quartier déshérité de La Chaussée, ainsi que la création d’une antenne de l’Institut Rafaël, destiné à accueillir et accompagner des malades atteints de cancer. Dans une cité marquée par les tensions autour de la revitalisation du centre-ville et par les débats autour de l’insécurité, deux sujets étroitement liés depuis les émeutes urbaines de 2023 après le meurtre de Nahel par un policier à Nanterre, l’enjeu pour les élus RN est de trouver rapidement un nouveau souffle. Ils se trouvent désormais privés de celui qui incarnait, jusque-là, le symbole de la conquête de la ville par le parti d’extrême droite.