Revue de presse

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Le maire de Béziers, Robert Ménard, jugé pour avoir refusé de marier un Algérien sous OQTF – franceinfo

franceinfo · 30/09/2026 · ← revue

Il avait refusé de marier un Algérien sous obligation de quitter le territoire à une Française vivant à Béziers. Le maire d'extrême droite de Béziers (Hérault), Robert Ménard, est jugé, mercredi 30 septembre après-midi, à Montpellier. L'élu médiatique risque gros, puisqu'il encourt jusqu'à cinq ans de prison, une amende de 75 000 euros ainsi qu'une peine d'inéligibilité.

L'audience s'annonce tendue, Robert Ménard ayant appelé ses soutiens à le rejoindre. Il a aussi cité à comparaître plusieurs hommes politiques, dont deux candidats à la présidentielle : le président de l'association des maires de France David Lisnard, et l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau.

L'affaire avait suscité une polémique au plus haut niveau, puisque même Emmanuel Macron avait qualifié, en 2025, la situation des maires devant marier des personnes en situation irrégulière d'"ubuesque". Le président de la République, auquel Robert Ménard a également demandé de faire le déplacement, ne viendra pas, a précisé le prévenu.

Un "mariage blanc" ?

Le 7 juillet 2023, Robert Ménard avait refusé de célébrer le mariage d'Eva M., citoyenne française, et Mustapha B., Algérien en situation irrégulière, expliquant qu'il soupçonnait un "mariage blanc". Quelques jours plus tard, Mustapha B. avait été expulsé en Algérie, où le couple s'est finalement marié cet été, même s'ils vivent séparés, l'épouse résidant en France avec ses enfants.

Avant le procès, l'avocate du couple, Vanessa Edberg, a confié à l'AFP être "très inquiète", faisant état de "menaces". "On ne veut pas se cacher car on n'a rien à cacher", a-t-elle assuré, ajoutant avoir refusé la présence de comités de soutien : "On est là pour faire du droit, pas de la politique".

Une proposition de loi visant à interdire les mariages pour les personnes en situation irrégulière en France est actuellement dans les mains de la commission des lois de l'Assemblée. Si l'Association des maires de France est favorable au texte, les maires de l'Association nationale des villes et territoires accueillants l'ont eux jugé "discriminant".