Le maire d'Arcachon condamné à une simple amende pour avoir injurié et menacé son rival lors des municipales
Le maire d'Arcachon condamné à une simple amende pour avoir injurié et menacé son rival lors des municipales Yves Foulon a été condamné, jeudi, à 5 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour menaces et violences envers Vital Baude. Début juillet, le parquet avait requis une peine de quatre mois de prison avec sursis.
Absent lors du prononcé du délibéré, l'édile d'Arcachon (Gironde) a été condamné à une amende de 10 000 euros, dont 5 000 euros avec sursis, pour menaces et violences, et à une autre de 30 euros pour injures. Il a également été condamné à verser 2 500 euros à Vital Baude pour le préjudice subi. « Fils de pute », « enculé », « vous êtes une merde » : filmé à son insu au matin du premier tour des élections municipales le 15 mars, le maire sortant avait copieusement insulté Vital Baude, 50 ans, son adversaire écologiste. Le média en ligne Vakita avait publié la vidéo deux jours plus tard.
La peine prononcée par le tribunal est en deçà des réquisitions du parquet début juillet, qui avait demandé une peine de quatre mois de prison avec sursis. La procureur avait estimé que ce dossier était « la plus grave » des affaires d'atteinte aux élus dont le parquet de Bordeaux a été saisi depuis que le gouvernement en a fait une priorité de sa politique pénale.
« Si je pouvais vous coincer derrière les poubelles »
Le maire LR de 67 ans, ancien député et avocat de métier, à la tête de cette cité balnéaire huppée depuis un quart de siècle, n'avait jamais été condamné dans le passé. « Vous vous comportez mal », avait lancé d'emblée Yves Foulon à Vital Baude le matin de l'élection, ajoutant : « Si je pouvais vous coincer derrière les poubelles, ça me ferait plaisir de vous mettre une branlée ». Le maire d'Arcachon reprochait à son opposant d'avoir publié, pendant la campagne, une photo du chantier de sa maison, construite à la place d'une villa patrimoniale qu'il avait fait démolir. « Je vais tout faire pour vous baiser et je vais trouver quelque chose (...) dans votre vie personnelle », lance le maire. Une menace d'attenter « de manière grave et répétée aux conditions d'existence de M. Baude », a estimé le juge. Le plaignant accuse aussi le prévenu de l'avoir poussé puis de lui avoir porté la main au niveau du menton, ce qu’Yves Foulon nie.