Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Le lac de Créteil en quête de solutions de dépollution - Les Echos

Les Échos · 05/11/2026 · ← revue

Par Naomie Abdou

Autour dulac de Créteil dans le Val-de-Marne, les roseaux créent un décor champêtre. Nid pour les oiseaux, pouponnière pour les poissons, ils constituent aussi une sorte d'éponge dépolluante pour le lac. Car le lac qui borde cette ville de 93.000 habitants subit la pollution. Elle est, d'une part, bactériologique, depuis la création du plan d'eau dans les années 1970 ; le réseau d'épuration de certains immeubles alentours s'y déverse. D'autre part, existe une pollution chimique à cause du ruissellement naturel d'eaux polluées (engrais, métaux lourds, gomme de pneus). Se trouvent alors dans l'eau trop de nitrate et de phosphate, responsables de la création des cyanobactéries, dont la prolifération crée un excédent de CO2 qui asphyxie le milieu. Pour assainir ce lac de 42 hectares et ses alentours, l'intercommunalité Grand Paris Sud-Est Avenir (GPSEA), des acteurs locaux, dont le Collectif du lac de Créteil et l'association Nature et Société, et des scientifiques, ont mis au point un projet baptisé « Lac 2027 », présenté en février 2025. Doté d'un budget de plus de 3 millions d'euros, il vise à s'attaquer à tous les pans de la pollution. « Un travail de longue haleine qui demande de la patience », selon Fabien Tastet, directeur général des services de GPSEA.

Phytoépuration

Plusieurs solutions sont sur la table pour dépolluer le lac. Et notamment la phytoépuration, déjà mise en place avec les roselières, que Fabien Tastet veut encore faire monter en puissance d'ici un an. Reste que ce développement n'est pas sans poser quelques questions. En effet, dans quelques années, ces roseaux pourraient devenir néfastes : à leur mort, ils rejettent toute la pollution filtrée par leurs racines dans le lac, alimentant les cyanobactéries et favorisant leur prolifération. Le Collectif du lac de Créteil a publié cet automne des photos montrant l'impact des bactéries : des nappes verdâtres toxiques se déploient à la surface du lac. « Le problème, c'est que nous soignons les symptômes plutôt que les causes de la pollution », déplore ainsi un membre du Collectif qui étudie la santé du plan d'eau.

Autres solutions

D'autres solutions de dépollution seraient-elles envisageables ? Mathieu Welsch, développeur de projets de phytoépuration dans son entreprise Good-Bloom, et qui estime que de nouvelles roselières seraient un « non-sens complet », a proposé à la collectivité une alternative. Il s'agit de « robots aspirateurs autonomes » pour filtrer l'eau du lac, et déposer à sa surface des patchs de 1.000 m2 d'îlots de phytoépuration. A chaque passage, les robots récupéreraient les plantes saturées en polluants avant qu'elles ne meurent, « il faut créer une boucle vertueuse, s'occuper des plantes pour qu'elles s'occupent du lac », insiste-t-il. Pour louer les six machines nécessaires pour nettoyer le lac, les collectivités devront compter environ 300.000 euros par an.

Naomie Abdou