Revue de presse

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La Ville de Paris annonce la « mise à l’abri » de 250 personnes, migrantes pour la plupart, qui étaient installées sur le parvis de la mairie de Paris Centre

Le Monde · 22/08/2026 · ← revue

La Ville de Paris a annoncé, samedi 22 août, « la mise à l’abri de l’ensemble des 253 personnes », des migrants essentiellement, « installées devant la mairie de Paris Centre », à la suite de l’« évacuation forcée » par l’Etat du campement établi en juillet dans l’enceinte du Samusocial, à l’occasion d’une grève d’agents de l’organisme. Le campement, situé à proximité du quartier touristique du Marais, abritait quelque 400 personnes, dont des étrangers en situation régulière et des sans-papiers, pour certains évacués il y a plus d’une semaine du camp de fortune du Samusocial, dans le 13e arrondissement. Une situation dénoncée par les associations, qui fustigent régulièrement le manque d’hébergement d’urgence dans la capitale. « La Ville de Paris annonce aujourd’hui l’engagement de la mise à l’abri de l’ensemble des personnes présentes sur ce site », affirme samedi la Mairie dans un communiqué. « L’ensemble des personnes installées sur le parvis de la mairie de Paris Centre sont désormais mises à l’abri au sein de gymnases de la Ville », ajoute la Mairie, « jusqu’à ce que les services de l’Etat, dont c’est la responsabilité légale et morale, leur proposent une solution pérenne ». « C’est un véritable soulagement pour ces familles dont l’état de santé ne cessait de se dégrader », a déclaré à l’Agence France-Presse Méryl Sotty, porte-parole de Médecins sans frontières, dont les équipes ont effectué sept interventions depuis la mi-juillet sur le campement du Samusocial puis devant la mairie de Paris. Selon Luc Viger, coordinateur pour l’Ile-de-France de l’association Utopia56, « 50 personnes restent sans solution » et vont se « retrouver dès ce soir à la permanence quotidienne de l’association », qui sollicite son réseau pour trouver des places d’hébergement chez des bénévoles.

« Je ne peux pas accepter que Paris se substitue indéfiniment à l’Etat »

Mi-août, le campement du Samusocial, qui avait rassemblé jusqu’à 450 sans-abri, a été évacué par les forces de l’ordre. « Toutes les personnes présentes sur le site du Samusocial ce matin ont reçu une proposition d’hébergement », avait alors assuré la Préfecture de police (PP) de Paris, mais « certains occupants n’ont pas souhaité bénéficier des solutions proposées et se retrouvent désormais à la rue, en pleine canicule ». La PP et la préfecture de région avaient justifié leur décision en raison de la proximité du campement avec la route et d’un trafic « particulièrement dense ». Les autorités mettaient aussi en avant des « conditions d’hygiène » devenues « particulièrement préoccupantes » avec un « accès totalement insuffisant à l’eau et aux toilettes ». « Je refuse que des familles et des enfants soient remis à la rue sans solution et j’ai donc pris mes responsabilités en mobilisant les moyens de la Ville pour mettre à l’abri ce matin 253 personnes », déclare le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, cité dans le communiqué. « Je ne peux pas accepter que Paris se substitue indéfiniment à l’Etat, alors même que l’hébergement d’urgence relève de sa responsabilité et que 300 places ont été récemment supprimées », prévient en outre l’élu socialiste.