L'agglomération Grand-Paris-Sud revoit les grandes priorités de son aménagement - Les Echos

Par Alain Piffaretti
Huit années de travail auront été nécessaires pour aboutir. Les élus de l'agglomération Grand-Paris-Sud (370.000 habitants) vient d'adopter définitivement son Schéma de cohérence territoriale (Scot). Celui-ci fixe les grandes orientations d'aménagement des 23 communes de l'agglomération, dont Evry-Courcouronnes et Corbeil-Essonnes, à l'horizon 2040. Le nouveau document révèle un changement de cap dans la manière de penser le développement du territoire. Longtemps marqué par une forte dynamique de construction, héritée notamment de l'histoire des villes nouvelles, Grand-Paris-Sud fait désormais le choix d'un urbanisme plus économe en foncier. La priorité n'est plus d'étendre la ville sur de nouveaux espaces, mais de transformer l'existant : reconversion de friches, réhabilitation de bâtiments, mutation d'anciens bureaux et densification raisonnée. Le Scot affiche en particulier l'ambition de tendre vers le « zéro artificialisation nette » : les sols ne sont plus seulement des réserves foncières, mais des ressources essentielles pour la biodiversité, la gestion de l'eau, la production alimentaire et la qualité du cadre de vie.
Freiner l'étalement urbain
Concrètement, le document sacralise près de 950 hectares de terres agricoles publiques et plus de 1.000 hectares d'espaces naturels qui ne pourront plus être urbanisés. À l'est du territoire, un vaste « front vert » doit freiner l'étalement urbain via des continuités écologiques, notamment entre les forêts de Sénart et de Rougeau. En préservant le foncier agricole, Grand-Paris-Sud entend aussi favoriser le développement d'une alimentation de proximité. Les nouveaux projets, pour leur part devront davantage recourir aux matériaux biosourcés et aux bâtiments bas carbone, tandis que la place de la nature en ville est renforcée, afin de limiter les effets des fortes chaleurs. Premier Scot francilien élaboré depuis l'entrée en vigueur du nouveau Schéma directeur de la région Île-de-France, ce document servira désormais de référence aux plans locaux d'urbanisme des 23 communes de l'agglomération. L'exemple de Ris-Orangis illustre cette nouvelle approche. Dans le cadre de la stratégie agricole et alimentaire de Grand Paris Sud, la commune bénéficiera d'un soutien de l'agglomération pour son projet « Des fruitiers dans ma ville ». Huit sites urbains accueilleront 120 arbres et 700 arbustes fruitiers. L'opération prévoit aussi de désimperméabiliser les sols, réduire les îlots de chaleur et sensibiliser les habitants, notamment les scolaires, aux enjeux de la nature en ville.