Incendies : élus et associations du Val-d'Oise veulent ...

Par Hugo Robert
Alors que le gigantesque feu qui a décimé plus de 2.000 hectares dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) est désormais sous contrôle, la question de la protection des forêts d'Ile-de-France face au changement climatique se pose de plus en plus. Dans le Val-d'Oise, des élus et des associations montent au créneau pour revoir la réactivité des forces de secours en cas d'incendie. Des parlementaires ont récemment questionné le gouvernement sur les moyens juridiques, techniques et financiers mis en oeuvre pour protéger les massifs du département. Dans une question adressée au gouvernement, le député (LFI) de la 10e circonscription du Val-d'Oise, Aurélien Taché, s'est étonné que l'arrêté interministériel du 13 avril 2026 classant pour la première fois des massifs franciliens « à risque d'incendie » sur dix-huit communes - entraînant des obligations légales de débroussaillage - ne mentionne aucune forêt du département.
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Des moyens suffisants ? « Aucun massif du Val-d'Oise n'est aujourd'hui couvert par ce dispositif, alors que le département présente des interfaces habitat-forêt comparables autour de la forêt de l'Hautil, qui jouxte Boisemont, Vauréal, Jouy-le-Moutier et Courdimanche », argue le député. Ce dernier demande une évaluation du risque incendie pour les massifs du département et des moyens disponibles « pour anticiper un classement à risque avant la survenue d'un sinistre ». De leur côté, les sapeurs-pompiers du Val-d'Oise sont de plus en plus sollicités. En début de semaine, quatre sinistres se sont déclarés dont trois dans le Vexin et un dans le massif de Montmorency, sur la commune de Domont. En avril, plusieurs hectares avaient déjà brûlé. « En quelques jours, les moyens du SDIS [service départemental d'incendie et de secours, NDLR] se sont ainsi retrouvés déployés à l'échelle départementale, francilienne et nationale : une situation inédite », a relevé l'établissement public.
Gestion de la forêt en amont
En parallèle de la réponse aux incendies, élus et associations plaident pour une meilleure gestion des forêts afin de garantir leur rôle de poumon vert. C'est le cas concernant le massif forestier de Montmorency, où la maladie de l'encre sévit et contraint l'Office national des forêts (ONF) à couper des arbres de manière préventive. Régulièrement sous le feu des critiques, ces coupes rases et la plantation de résineux par l'ONF sont de nouveau mises sur la table par des collectifs comme SOS forêts Montmorency. Benoît Blanchard, député de la 4e circonscription du Val-d'Oise, alerte sur « des pratiques de coupes dont l'ampleur interroge, un manque de transparence de l'ONF sur les volumes abattus, et un projet de suppression des données publiques sur les travaux forestiers suscitent une inquiétude légitime » dans une question écrite adressée à la ministre de l'Agriculture, Annie Gevenard. Au niveau local, les élus se sont récemment rassemblés au conseil départemental pour échanger sur les pistes de préservation et de gestion de la forêt. De nouvelles rencontres sont prévues à la rentrée. En 2024 déjà, une convention avait été signée entre l'ONF et les élus locaux pour renforcer l'entretien des forêts domaniales.