Revue de presse

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« Il y a tout à reconsidérer » : sur la zone d'activité Magna Porta et l'aéroport, la rupture portée par Vincent Bouget, nouveau maire de Nîmes

Les Échos · 12/10/2026 · ← revue

Par Hubert Vialatte

« On assume l'héritage de ce que nous trouvons. » Lors de la rentrée économique de Nîmes Métropole, le 7 octobre, Vincent Bouget, président de l'agglomération et maire PCF de la ville-centre, a dressé un premier bilan des dossiers légués par l'exécutif précédent. Certains « avancent, réellement, concrètement », comme la restructuration de la friche du Marché-Gare. L'avenir de la zone Oc'Via-Nîmes Sud, lui, dépend de l'Etat et du projet de nouvelle prison. D'autres dossiers « patinent et pèsent sur les deniers publics », estime Vincent Bouget. Le président de l'agglomération veut « se concentrer sur ce qui est réalisable dès maintenant ». En tête de liste, la zone d'activité économique Magna Porta, dans le secteur de la gare TGV. Sur ce site de 40 hectares, présenté comme un atout foncier rare, « il y a tout à reconsidérer ». Pas question pour autant de « repartir à zéro ». « Je préfère en faire 20, 25 ou 30 hectares maintenant plutôt que de vous dire qu'on en fera un jour 40 », explique Vincent Bouget. Il précise que les compensations environnementales ne sont pas terminées. « Il faut voir juridiquement comment ça se passe », estime l'édile. La programmation sera revue.Quant au projet de data center, annoncé par Franck Proust, ex-président LR de Nîmes Métropole avant les élections municipales, « je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure opportunité, notamment sur la création d'emplois ». En décembre dernier, NGE tablait pourtant sur la création de 370 emplois grâce à ce site.

Un délégataire « en difficulté » à l'aéroport

L'aéroport de Nîmes-Grande Provence Méditerranée constitue l'autre gros dossier. Le délégataire, Edeis, « a du mal à assumer ce contrat », jugé « un peu optimiste » en termes de fréquentation. L'Agglomération veut que le contrat aille à son terme : des cabinets d'avocats échangent pour trouver une médiation « dans le respect de la loi ». Un nouveau mode de gestion sera choisi pour fin 2028 ou début 2029. Côté lignes commerciales, le président reconnaît que Ryanair est « en situation de force » : « Ce que regarde Ryanair, c'est si la ligne est rentable pour lui, pas pour l'Agglomération. » Le cap est donc mis ailleurs : la sécurité civile, la maintenance et l'aéronautique. Nîmes Métropole veut faire reconnaître le Hub 46 à l'échelle européenne. Une démarche est prévue à Bruxelles avec Carole Delga, présidente de la Région, en novembre ou décembre. Le maire de Montpellier, forcément intéressé pour récupérer sur l'aéroport de Montpellier une partie des vols commerciaux nîmois, s'est engagé à défendre avec lui la reconnaissance de Nîmes comme base de sécurité civile du sud de la France. L'Agglo espère aussi attirer Kepplair, Hynaero ou Positive Aviation, trois entreprises qui travaillent sur le développement d'avions de lutte contre les feux de forêts, et présentera en novembre le schéma de développement de l'aéroport. Un grand événement économique dédié à la filière doit voir le jour « dans les prochains mois ».

Hubert Vialatte (Correspondant à Montpellier)