Revue de presse

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Guillaume Guérin, maire de Limoges, après l’incendie qui a détruit l’hôtel de ville : « L’ultragauche a organisé la logistique. Ils avaient préparé leur coup, savaient par où entrer »

Le Monde · 18/10/2026 · ← revue

Samedi 17 octobre, dans l’après-midi, l’hôtel de ville de Limoges, en Haute-Vienne, a été incendié par des individus en fin de manifestation. Le toit de ce bâtiment datant de la fin du XIXe siècle s’est en partie effondré sur les étages inférieurs, et les deux tiers de la façade ont disparu. Le maire (Les Républicains) Guillaume Guérin accuse des militants d’ultragauche d’avoir prémédité l’attaque. Que s’est-il passé, samedi 17 octobre, à Limoges ? Il y a d’abord eu une manifestation paisible. C’est une ville de gens modestes, avec des syndicats puissants. Ça se passe toujours très bien. Mais parmi les 5 000 manifestants, il y avait 500 à 600 militants d’ultragauche qui avaient infiltré le cortège. Au début, ils ont été contenus par la police. Puis les forces de l’ordre ont tenté de les repousser vers le périphérique, car elles n’avaient pas assez de munitions pour affronter plusieurs fronts. A 15 h 25, la police nationale était en rupture de munitions. Il y a manifestement eu un dysfonctionnement dans la chaîne hiérarchique. Cela aurait pu être évité. Les forces de l’ordre ont commencé à reculer face à des gosses qui les chargeaient, leur tiraient dessus au mortier. Puis le feu a été mis à la mairie… Exactement. Après la manifestation, l’incendie s’est déclaré à l’hôtel de ville. Il n’y a pas eu de policiers nationaux sur place pendant une heure. Moi, j’étais à la Métropole, à un autre endroit de la ville. Mais il y avait eu des mariages dans l’après-midi et il y avait donc des adjoints et des agents municipaux à la mairie. Il y a eu une intrusion violente. Il y avait une volonté de détruire, de casser, de tuer. Ils criaient : « Vous allez tous cramer ! » L’agent qui était à l’entrée, payé 1 500 euros par mois, a entendu : « On va te crever. » Il est sorti par-derrière en courant. Un autre agent m’a dit : « Je me suis vu mort, monsieur le maire. » A qui attribuez-vous ces violences ? C’est l’ultragauche qui a organisé la logistique. Ils avaient préparé leur coup, savaient par où entrer dans la mairie. Ils avaient apporté des mortiers, un bélier de 200 kilos. Ça ne se met pas dans un sac à dos. Il y avait des drapeaux noirs, anarchistes, palestiniens ou du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Ils étaient tout de noir vêtus, habillés pour faire la guerre urbaine à laquelle ils s’entraînent. Ensuite se sont agglomérés des jeunes de quartier qui cherchaient des sensations fortes. Et puis il y a eu des pillages d’opportunité. Plusieurs magasins ont été attaqués. Celui de Lacoste a été totalement détruit. J’ai dû le faire murer hier soir. Mais les graffitis « Vive la Commune ! », ce ne sont pas ces gamins qui sont tout juste allés au collège qui savent ce que c’est. Brûler une mairie, qu’est-ce que ça dit du pays ? Qu’il va très mal. Ce sont les symboles d’autorité qui étaient visés. Si on ne change pas, si on continue à être naïf vis-à-vis de l’ultragauche, ces scènes se reproduiront de manière récurrente. Il faut donner des moyens à la police pour contenir ces manifestations. Je suis très inquiet pour la suite. Le ministre de l’intérieur doit-il démissionner ? Non, les institutions sont trop fragiles. Je vais demander un plan particulier pour la ville. Lundi, j’ai 303 agents qui ne pourront pas embaucher. L’état civil est mort. On a des services funéraires pour les familles les plus précaires. On ne pourra plus s’occuper d’eux pendant des jours. Je veux des engagements écrits du premier ministre. L’hôtel de ville doit être reconstruit avec les mêmes règles que Notre-Dame de Paris, avec quelqu’un nommé pour conduire le chantier. Si je n’ai pas un engagement financier massif d’ici à mardi, le conseil municipal est prêt à démissionner.