Grand Paris : les propositions d’Emmanuel Grégoire pour une métropole « plus visible, plus lisible et plus concrète »
Nouvelle pointe d’activité dans l’encéphalogramme relativement plat de la Métropole du Grand Paris. Trois mois après l’idée radicale mais laissée sans suite du haut-commissariat à la stratégie et au plan qui suggérait une nouvelle « Ville du Grand Paris » en fusionnant Paris avec les départements de la petite couronne, le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, avance quelques propositions. Celui qui était président du groupe socialiste à la métropole jusqu’à son élection à l’Hôtel de ville, en mars, et a fait campagne sous le slogan « Paris en grand », n’a jamais fait mystère de son intérêt pour les sujets métropolitains. Dans un courrier adressé le 1er septembre à Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris, et dont Le Monde a eu connaissance lundi 5 octobre, le successeur d’Anne Hidalgo propose plusieurs « initiatives » pour « faire vivre le Grand Paris ». L’institution, qui célèbre ses 10 ans en 2026, cherche encore son rôle politique, alors que son espace géographique est une réalité pour les 7,1 millions d’habitants qui y résident. Répartis sur 814 kilomètres carrés et 130 communes, les Grands Parisiens existent en tant que population, mais la métropole qui devrait organiser leur mobilité, la répartition de leurs logements, de leurs espaces verts ou de leurs activités de loisirs n’a jamais endossé sa mission de gouvernance. « Notre responsabilité politique est de donner davantage corps à cette réalité métropolitaine, de la rendre plus visible, plus lisible et plus concrète pour celles et ceux qui y vivent », écrit Emmanuel Grégoire à Patrick Ollier, réélu pour un troisième mandat de président, le 13 avril. Le socialiste propose notamment à l’élu Les Républicains de trouver une « nouvelle dénomination » pour le boulevard périphérique, un « geste symbolique fort » censé « changer le regard » sur cette infrastructure encore perçue comme une « frontière » et accompagner sa transformation en « boulevard urbain ». Il avance aussi l’idée d’un « festival des portes de Paris » qui serait « organisé en lien avec les communes limitrophes » pour « célébrer le Grand Paris du quotidien, celui qui se vit déjà de part et d’autre du périphérique ».
Proposition disparue
Pour « mieux comprendre les attentes, les usages, les difficultés et les aspirations » des habitants, le maire de Paris souhaite également lancer une « convention citoyenne consacrée à l’avenir du Grand Paris ». La métropole, qui ne dispose pas d’hémicycle propre, organise jusqu’à présent ses séances publiques dans différents lieux, comme au centre de conférences Pierre-Mendès-France de Bercy. C’est pourquoi le maire de la capitale, qui compte bien maintenir le centre de gravité de la Métropole du Grand Paris dans la ville qu’il dirige, propose « que l’Hôtel de ville de Paris puisse accueillir les séances du conseil métropolitain » : « Ce serait un honneur pour Paris d’accueillir dans sa maison commune l’ensemble des maires qui composent la Métropole du Grand Paris, et de faire de l’Hôtel de ville un lieu de débat métropolitain. » En revanche, une suggestion notable d’Emmanuel Grégoire, prônée également par le collectif Tous Grands Parisiens dans une tribune au Monde fin janvier, a, semble-t-il, disparu du débat ou, du moins, n’apparaît pas dans le courrier à Patrick Ollier. A plusieurs reprises, le maire de Paris s’était dit favorable à l’élection, à terme, d’un maire du Grand Paris au suffrage universel.