Revue de presse

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François de Canson succède à Renaud Muselier à la tête de la région PACA

Le Monde · 12/10/2026 · ← revue

François de Canson (divers droite), 61 ans, a été élu président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), lundi 12 octobre, en remplacement de Renaud Muselier (Renaissance), démissionnaire. La majorité de la droite et du centre a voté pour le seul candidat présent. Les 39 élus du Rassemblement national (RN) ont voté blanc. Seule force d’opposition dans l’hémicycle, le RN n’a pas présenté de candidat et semblé peu concerné par cette élection qu’il savait perdue d’avance. A l’extérieur, une petite délégation d’enseignants et de lycéens manifestait, souhaitant rappeler aux élus présents que la gestion des lycées fait partie des compétences de leur collectivité. François de Canson est le premier Varois élu à la tête de la région PACA, jusqu’alors pilotée par des hommes issus des Bouches-du-Rhône et des Alpes-Maritimes. Il est aussi le premier maire d’une petite ville, peu connu hors du microcosme politique, qui accède à cette fonction jusqu’alors tenue par d’anciens ministres, comme Jean-Claude Gaudin (Les Républicains, LR), Michel Vauzelle (Parti socialiste), Christian Estrosi (Horizons) ou Renaud Muselier. Maire de La Londe-les-Maures, station balnéaire du littoral varois de 10 000 habitants, depuis près de vingt ans, conseiller régional depuis 2015, jusqu’alors troisième vice-président de la collectivité régionale délégué à l’attractivité économique et au tourisme, le voilà, à 61 ans, propulsé sur le devant de la scène. Une promotion dictée par la volonté de Renaud Muselier : comme Christian Estrosi l’avait fait avec lui en 2017, le président de la région a imposé son successeur aux membres de sa majorité. « François de Canson est un maire réputé, un élu local reconnu qui sera un président compétent », affirme le néosénateur. En avril 2026, en annonçant son intention de se porter candidat aux sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier a commencé à placer François de Canson. Un proche suffisamment conciliant pour le nommer « conseiller régional spécial » et lui laisser certaines attributions : notamment la gestion des fonds européens et l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises.

De nombreuses casquettes

Après l’effondrement de la droite marseillaise aux municipales, élection à laquelle il a activement participé en tant que président du comité de soutien à la candidate Martine Vassal, Renaud Muselier visait le Sénat comme une échappatoire. Surtout dans la perspective d’une élection régionale 2028 que la montée continue du RN – en voix comme en élus – rend très incertaine pour la majorité de la droite et du centre. François de Canson s’est coulé dans la stratégie. Tout au long de l’été, le Varois a remplacé le président en titre dans nombre de manifestations, s’installant déjà dans les habits du successeur. Le 27 septembre, toutefois, le plan a failli déraper. Renaud Muselier n’a remporté que d’un souffle le huitième et dernier siège de sénateur dans les Bouches-du-Rhône, avec 25 voix d’avance sur l’ex-RN Stéphane Ravier. Depuis, c’est Christian Estrosi (Horizons), vice-président délégué de la région, qui a assuré la présidence par intérim. L’ex-maire de Nice aurait pu revendiquer le poste, au titre de son expérience et de sa stature nationale. Mais, toujours empêtré dans l’enquête sur la « tête de cochon » découverte à son domicile, et fragilisé par sa lourde défaite aux municipales contre l’Eric Ciotti (Union des droites pour la République), l’Azuréen n’a pas cherché à bousculer la donne. Le jeune maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), David Gehant, ancien des LR lui aussi, a un temps affiché son ambition. Avant de rentrer dans le rang. Dans le Var, François de Canson est un politique qui pèse. S’il a quitté LR et son poste de secrétaire départemental du parti en 2022 et appelé à voter Emmanuel Macron à la présidentielle, dans la foulée de l’ex-maire de Toulon Hubert Falco et de Renaud Muselier, il n’en a pas moins gardé l’essentiel de ses casquettes. Président du comité régional du tourisme, de la communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, mais aussi de plusieurs syndicats mixtes du Var, il est également un entrepreneur actif, actionnaire de nombreuses sociétés, dont un camping, une exploitation viticole familiale, un établissement médicalisé. Il est également le fils du député du Var Philippe de Canson (1941-1999), lui-même maire de La Londe, qui fut le suppléant puis le successeur de la députée Front national Yann Piat, assassinée en février 1994.

« Un très gros travailleur »

Aux municipales de mars, François de Canson a été réélu avec 80,16 % des voix. « Nous avons une histoire commune avec François. Quand mon papa était maire de La Crau, le sien était maire de La Londe », glisse le nouveau sénateur LR du Var Christian Simon, un des membres de la nombreuse délégation varoise invitée lundi 12 octobre pour assister à l’élection de François de Canson. « François de Canson est un très gros travailleur. La proximité est l’une de ses qualités. Je me demande comment il va faire pour continuer à s’occuper de sa commune en étant président de la région », s’interroge l’ancien candidat écologiste à la région Jean-Laurent Félizia, originaire de La Londe-les-Maures, présent lui aussi dans l’hémicycle. Dans une région où les ralliements d’élus de droite républicaine au RN ou à l’UDR d’Eric Ciotti sont nombreux, il va devoir s’atteler à maintenir unie une majorité comptant 14 teintes politiques de la droite et du centre.